Écologie au cimetière

Depuis le 1er janvier 2017, les communes n’ont plus le droit d’utiliser des produits chimiques. Les cimetières échappent à cette réglementation en bénéficiant d’une dérogation. Pourtant ces espaces peuvent devenir de véritables réservoirs à biodiversité, à condition de changer notre regard sur ces lieux de repos et nos pratiques funéraires. La France compte 40 000 cimetières représentant 20 000 hectares (deux fois la surface de Paris). Vue la superficie concernée, l’écologie au cimetière est donc loin d’être anecdotique …

Cimetières minéraux, cimetières paysagers

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Enluminure présentant un cimetière « paysager » au Moyen-âge. Missel à l’usage du Mans, XVe siècle

Les cimetières français n’ont pas toujours été des espaces désherbés et gravillonnés. Les recherches historiques montrent que depuis le Moyen-âges et jusqu’au XVIIIe siècle, plantes et arbres sont largement présents au cimetière. « L’if, et le buis lugubre, et le lierre stérile, et la ronce à l’entour, croissent de toutes parts » écrit le poète Fontanes en 1795. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que le cimetière minéral et ses alignements de tombes de marbre va s’imposer.

Ailleurs dans le monde, les cimetières peuvent être très végétalisés. La présence, ou non, de plantes ne dépend pas des religions ou des rites funéraires : on trouve aussi bien des cimetières chrétiens paysagers (au États-Unis ou au Canada par exemple) que des cimetières chrétiens plus minéraux, comme en Europe de l’Ouest.

Écologie au cimetière à travers le monde : cimetière parc au Canada (tombes sous des arbres), cimetières envahies de fleurs et de plantes en Roumanie et à la Réunion
Arbres et plantes dans des cimetières à travers le monde : de gauche à droite, au Canada, à la Réunion, en Roumanie

La végétalisation des cimetières

Si la loi autorise encore les produits chimiques dans les cimetières, le basculement des communes vers le zéro pesticide a indéniablement changé la manière de traiter les cimetières. Allées laissées en herbe, végétalisation entre les tombes, plantations d’arbres, le cimetière minéral a vécu.

Écologie au cimetière en France : vues d'un même cimetière sans aucune herbe, sable au sol, puis le même cimetière avec arbres et prairie fleurie plantés dans l'allée
Cimetière de Durtal (Maine-et-Loire) ou comment passer d’un espace stérile à une lieu riche de biodiversité

Végétaliser ces espaces augmente significativement le nombre d’espèces animales présentes. En 2017, au cimetière de Loyasse à Lyon, la LPO a recensé 4 espèces de mammifères, 3 de reptiles et 31 d’oiseaux.

Hérisson se promenant entre les tombes d'un cimetière
Un hérisson entre des tombes : très efficace contre les limaces qui abîment les pierres tombales

Depuis, un plan d’action biodiversité a été mis en place : petites mares, nichoirs, fauche tardive ont fait exploser le nombre d’espèces présentes. Libellules, lérots, écureuils roux, fouines, mulots sylvestres, chauves-souris et de nombreuses espèces d’oiseaux ont recolonisé le cimetière !

Écologie … et économie au cimetière

A Niort, dans les Deux-Sèvre, la ville a décidé de placer l’écologie au cœur de son projet de cimetière. Ici, pas de tombe de granit importé de Chine, pas de caveau mais une inhumation en pleine-terre. La charte précise que les linceuls et les habits du défunt doivent être en matière naturelle. Le cercueil est soit en bois non traité, soit en matière recyclée, les vernis garantis sans solvant afin d’éviter toute contamination des sols.

Vue aérienne du cimetière écologique : tombes simplement entourées de planches de bois, plantées de végétaux, pelouse et arbres
Obsèques et concessions « en pleine terre » coûtent entre 1500 € et 2500 € contre 5000 € ou plus dans un cimetière classique

L’absence de granit, de pierre tombale, souvent en provenance de Chine, améliore également le bilan environnemental : autant de transport et de matière à recycler d’économisés.

Renardeau regardant l'objectif, tombe floue au premier et en arrière plan, lumière rasante
Renardeau entre des tombes dans un cimetière parisien

En passant de lieux minéraux et froids à des espaces riches en végétation, les cimetières ont leur rôle à jouer dans la préservation de l’environnement. La méthode d’inhumation, le choix du cercueil, l’absence de caveau, de pierre tombale réduisent également le bilan environnemental. Reposer dans un endroit vivant, accueillant pour les insectes, les oiseaux, les petits mammifères, n’est-ce pas une manière de prolonger la vie après sa mort ?

Chevaux de race Pottocks, en écopâturage dans un cimetière à Agen : une autre manière écologique de gérer les lieux de mémoire !

Bien-être animal et écopâturage

L’écôpaturage a le vent en poupe, de nombreux projets émergent et de multiples sociétés se créent. Travailler avec des êtres vivants implique cependant une responsabilité pour assurer le bien-être animal. L’activité ne peut s’improviser et ne tolère pas d’approximation : non, les moutons ne sont pas de simples tondeuses ! Ils nécessitent soin et attention … Chez les Pâturages du Littoral on prend cela très au sérieux et on le prouve en image !

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Suivre le troupeau, une preuve d’intelligence ?

Le mouton est souvent considéré comme peu intelligent. Les expressions qui l’évoquent sont rarement flatteuses : se comporter comme un mouton, c’est être celui qui suit bêtement le troupeau, les comportements des autres, qui n’a pas de personnalité. Le « mouton noir » n’est pas particulièrement gratifiant … sans parler de la « brebis galeuse », qui contamine ses voisins. Le caractère placide du mouton est même connoté péjorativement au travers de l’expression « Doux comme un agneau », sous-entendu : il va se faire tondre !

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Mouton : le connaissez-vous ?

Quoi de plus banal qu’un mouton ? Intimement lié aux paysages de montagnes, présent dans les contes avec princes et autres bergères, il fait partie de notre histoire collective. On le retrouve dans nombre d’expressions : revenir à ses moutons, être le mouton noir, se comporter comme un mouton …  Mais le connaissons-nous si bien ?Lire la suite…