Médico-social et animaux : un bénéfice à gérer

Présence ponctuelle d’un animal en institution

Jeune handicapée en situation de handicap mental faisant du cheval sans les mains, la longe du cheval est tenue par une encadrante
L’équitation permet de travailler sans contrainte l’équilibre, la posture, le tonus du corps

Les établissements accueillant des personnes handicapées organisent pour la plupart des activités en lien avec les animaux : visite en ferme pédagogique, promenade des chiens en refuge, équitation, etc.

Les professionnels du secteur sanitaire et médico-social s’accordent sur le bienfait de la relation à l’animal pour les bénéficiaires des structures, que ce soit au niveau éducatif, socialisant ou thérapeutique.

Les bienfaits du contact avec l’animal

Approcher un animal demande un apprentissage de la gestion des émotions, ce qui n’est pas le plus simple pour certaines personnes en situation de handicap, tout comme chez le jeune enfant. Entrer en relation avec un animal implique de s’arrêter, de se mettre à l’écoute, de se caler sur les besoins de l’animal et donc de se décentrer : la personne qui veut approcher un animal doit prendre en compte les besoins de celui-ci pour réussir à entrer en relation, à l’approcher, à le caresser.

Vue d'un jeune homme dans un établissement médico-social tendant sa main à un hamster, qui vient la renifler.
Afin que l’animal se laisse toucher, la personne doit contrôler ses émotions, son impulsivité. La récompense à cet effort est immédiate : l’animal se laisse caresser, l’estime de soi est renforcée.

S’il doit le nourrir, le soigner, celui qui est cantonné le plus souvent en situation de personne aidée, devient l’aidant : de lui dépend un autre être vivant, sur lequel il doit veiller pour subvenir à ses besoins. S’occuper d’un animal met en situation de responsabilité. Une fois le contact établi avec l’animal, ce sont tous les sens qui sont en éveil : la vue, l’odorat, le toucher (caresses à l’animal), l’ouïe (quel bruit fait l’animal en mangeant, en ronronnant…). Côtoyer un animal est donc un formidable support d’éveil des sens. Des acquisitions motrices sont facilitées par la médiation animale : brosser le pelage, servir une gamelle d’eau, autant de gestes motivants pour travailler la coordination des gestes.

Présence apaisante, support d’acquisitions variées, de communication, de contrôle des émotions : pour toutes ces raisons et pour le plaisir qu’apporte la relation à l’animal, de nombreuses institutions intègrent dans leur projet éducatif des activités en lien avec les animaux.

Vue de pensionnaires d'un établissement médico-social effectuant une tournée de ramassage de verre (tri sélectif) avec une charrette et un âne
Une activité avec des animaux source de lien social : ramassage du verre par des personnes en situation de handicap mental. Source : Les Cahiers de l’Âne

Avoir des animaux à demeure, des contraintes à gérer

Malheureusement, ce sont le plus souvent des activités ponctuelles, à l’extérieur de l’établissement. Peu d’institutions font le choix d’une présence animale en leurs murs. En effet, assumer la présence d’animaux en établissement médico-social est lourd de conséquence pour la direction, qui se heurte à la législation et aux normes sanitaires. De plus, la présence d’un animal engage une responsabilité, qui est d’assurer le soin régulier : comment gérer pendant les périodes de fermeture ? Qui prend le relais quand le professionnel référent est absent ? Qui gère un animal malade ? une clôture abîmée ?

Animal et établissement médico-social : passer par un prestataire

L’écopâturage devient un moyen d’introduire une présence animale dans un établissement en déléguant la responsabilité à une entreprise spécialisée. Les résidents et les professionnels bénéficient de la présence quotidienne de l’animal, l’institution est déchargée des contraintes techniques, administratives et juridiques : une coopération gagnante !

Habitat participatif à Guérande

En 2013, l’association guérandaise An Ti Nevez démarre un travail sur l’habitat en Presqu’île. Partant du constat que certaines familles peinent à se loger, du fait du prix des terrains et de la spéculation immobilière, l’association lance des conférences, des forums pour imaginer d’autres manières d’habiter. L’idée d’un habitat participatif émerge progressivement, idée confortée par la mairie qui réserve un terrain pour ce projet, sur le futur écoquartier de la Maison Neuve.

Partage d’espaces, de matériel … et de services !

Un des objectifs de ce projet d’habitat participatif est de mutualiser des espaces. Si chacune des 9 familles du projet possède son appartement privatif, le groupe dispose d’une salle commune qui permet de se retrouver pour des moments festifs, des ateliers, des réunions. Munie de sa propre cuisine et salle de bain, la salle commune peut recevoir des invités. Buanderie, celliers, atelier, garage à vélo, grenier, jardin sont également partagés. Outils et matériel de jardin sont mis en commun. Cette mutualisation permet des économies lors des achats, lors du renouvellement de matériel … et de limiter l’impact écologique de la production de biens de consommation individuels. L’habitat participatif permet également d’échanger de nombreux services : prêt d’un véhicule, nourrir les animaux lorsqu’on s’absente, aller chercher un enfant à l’école …

Énergétiquement exemplaire

Les bâtiments ont été construits de manière compacte. Cela permet d’économiser l’énergie (moins de surfaces de déperdition de chaleur) mais également de limiter la surface au sol et de préserver les terres agricoles. L’architecture est bioclimatique : larges baies vitrées au sud, petites ouvertures au nord. Conjuguée à une parfaite étanchéité à l’air, cela rend les bâtiments passifs.

Habitat participatif, Guérande (département 44) : bâtiment bois, large baies vitrées donnant sur des coursives, volets bleus et verts
« Les P’tits Ensembles », vue côté sud : les façades sont largement ouvertes par des baies vitrées pour maximiser les apports solaires

Le chauffage de chaque bâtiment, eau chaude comprise est assurée par une petite chaudière gaz. La facture de gaz s’élève à quelques dizaines d’euros par an pour chaque logement. 60 % de l’eau chaude sanitaire est produite par des panneaux solaires. Le restant des toits est dédié à une centrale photovoltaïque coopérative, qui injecte l’électricité produite dans le réseau. A l’année, les bâtiments produiront plus d’énergie qu’ils n’en consommeront.

Premier habitat participatif de la Loire-Atlantique (44) à recevoir une centrale solaire coopérative : vue d'une des toitures des P'tits Ensemble(s)
Vue d’une partie de la centrale photovoltaïque, sur l’un des bâtiments. Au premier plan, en haut du toit, les panneaux solaires thermiques pour la production d’eau chaude

Éco-construction

Un maximum de matériaux écologiques ont été employés pour la construction. L’ossature, les terrasses et et le bardage sont en pin douglas, naturellement imputrescible. Une laine de bois assure l’isolation des murs, de la ouate de cellulose celle des combles.

Murs en terre pris dans une ossature bois type "colombage", enduit ocre clair.
Mur en terre d’un cellier, enduit à la chaux

Les murs des celliers sont en terre banchée, assurant une inertie thermique favorable à la préservation des denrées alimentaires. Côté finitions, peinture écologique et huile 100 % naturelle pour les parquets ont été retenues. Des enduits décoratifs en terre ont été réalisés par les habitants, dans leurs appartements et dans la salle commune. La terre des murs banchés et des enduits a peu voyagé : elle provient du terrain !

Si la première partie de l’aventure collective s’achève avec la construction, elle démarre pour ce qui est de la vie en commun. Des centaines et des centaines d’heures de réunion ont été nécessaires au montage et au suivi de ce projet d’habitat participatif, avec des hauts et parfois des bas. Pour surmonter les difficultés, assurer une cohésion du groupe, laisser la place à chacun dans les débats, les membres du collectif se sont formés : sociocratie, communication non-violente … Le résultat est à la hauteur de l’investissement de chacun. Le prix, 2500 €/m², a été largement maîtrisé : un bâtiment « conventionnel » coûte sur Guérande entre 3500 € et 3900 €/m². Preuve qu’en combinant intelligence collective et ténacité, il est possible de construire des bâtiments écologiques, très performants énergétiquement et économiques.

Agriculture urbaine, l’exemple de Détroit

Fleuron de l’industrie automobile américaine au début du XXe siècle, Détroit décline à partir des années 50. La ville perd plus de la moitié de sa population entre 1960 et 2010. Détroit comptait 1,8 millions d’habitants en 1960 et moins de 700 000 en 2016. Chômage et pauvreté explosent durant ces décennies. Face à cette crise les habitants multiplient les expérimentations d’agriculture urbaine.

Quartiers vides, désert alimentaire

Vue google map d'une rue en ruine, maisons dans une friche, détritus. Ces quartiers désertés laissent de nombreux espaces libres propre à l'agriculture urbaine
« Street view » d’un quartier en ruine à Détroit. 80 000 maisons sont abandonnées. Un tiers de la ville est désertée, soit la surface de Paris.

Les friches représentent un tiers de la ville de Détroit. Dans certains secteurs abandonnés par les habitants, mais également par les commerces, il devient difficile de se procurer de la nourriture saine. Ce phénomène est lié à la disparition des épiceries et à l’apparition de fast food : la nourriture est peu chère mais de mauvaise qualité. Conséquence de ces desert food : obésité et diabète explosent dans les quartiers pauvres désertés. L’agriculture urbaine se présente alors comme une opportunité pour faire face à ces problèmes de santé et d’alimentation. Les habitants investissent les espaces abandonnés pour y implanter des jardins collectifs, des fermes urbaines communautaires … 1600 structures de ce type existent désormais à Détroit. Y sont associés des soupes populaires et des programmes sociaux d’alimentation, qui permettent à la population pauvre de se nourrir sainement, gratuitement ou à très bas prix.

Exemple d'agriculture urbaine à Détroit : potager sous forme de parterre carrés, sur une ancienne parcelle de maison détruite
Un jardin communautaire à l’emplacement d’une maison détruite

Une agriculture urbaine ancrée dans une longue histoire

Agriculture urbaine à Détroit au début du XXe siècle. Jardinier devant une cabane de jardin, entourée de parcelles de légumes
« Thrift Gardens » à Détroit en 1931 : jardins économiques lancés par la commission de lutte contre le chômage. La vente de légumes était interdite : ils étaient exclusivement destinés à l’autoconsommation

L’histoire de l’agriculture urbaine de Détroit remonte à la fin du XIXe siècle. Le maire, confronté à une dépression économique, lance les « Potato Patches » : les terrains en friche sont systématiquement mis en culture pour venir en aide aux plus pauvres. En 1931, toujours pour accompagner des difficultés économiques, des jardins sont mis à la disposition des habitants pour cultiver leurs légumes. On retrouve dans ces deux exemples les formes d’agriculture urbaine actuelles de Détroit. La première expérience consistait à utiliser des terres pour redistribuer la nourriture. La seconde expérience proposait aux habitants de produire eux-même. L’histoire agricole de Détroit trouve également son origine dans l’arrivée de nombreux afro-américains. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, ils quittent en nombre les états du sud pour s’installer dans le nord des États-Unis. Ces populations émigrent pour fuir les persécutions et la ségrégation. D’origine rurale, elles apportent leur savoir-faire en terme de production alimentaire.

Un modèle qui a ses limites

L’agriculture urbaine, à elle seule, ne sauvera pas Détroit : la ville perd encore des habitants. Son renouveau économique passera nécessairement par l’installation de nouvelles entreprises. De même, les quantités de nourriture produites restent minimes, quelques centaines de tonnes par an, quand des villes des pays du Sud produisent plusieurs centaine de milliers de tonnes … L’intérêt de l’expérience réside peut-être ailleurs. Elle présente un retour massif de la production alimentaire dans une ville occidentale et c’est sans doute la clef de la notoriété de l’agriculture urbaine « made in Détroit ». La solidarité du modèle, l’apport aux plus pauvres d’une nourriture saine, son rôle de transformation sociale sont à souligner et peuvent nous inspirer. L’agriculture urbaine ne nourrira pas les villes, mais peut contribuer à modeler nos cités de manière plus durable et solidaire.

Traction animale, ici et ailleurs

Dans nos sociétés industrielles, le rôle de nos animaux domestiques tend à devenir essentiellement « social ». Nous partageons nos vies avec eux car ils nous apportent de la joie, du bien-être. Pour les personnes fragiles, en maison de retraite par exemple, chiens et chats aident les résidents à dépasser leur difficultés, à « sortir de soi » pour entrer en contact avec l’autre. Le chien s’attache également à d’autres missions : on pense aux chiens d’aveugle ou aux chiens d’avalanches. Ailleurs, les animaux occupent bien d’autres fonctions, à commencer par la traction animale …

La traction animale à travers le monde

Traction animale en Afrique centrale : deux zébus tractent une petite charrue dirigée par un homme. Un autre homme sème à la main.
Labour à l’aide de Zebu, au Tchad

Lorsque nous pensons agriculture, nous pensons tracteurs, moissonneuses … Pourtant, selon les chiffres de la FAO, la majorité des agriculteurs dans le monde travaillent à la main (800 millions). 300 millions d’agriculteurs utilisent la traction animale. Seuls 30 millions ont un ou plusieurs tracteurs ! La traction animale, loin d’être anecdotique mondialement, a été supplantée dans les pays occidentaux par la mécanisation après la seconde guerre mondiale.

Un exemple de traction animale moderne : agriculteur assis sur une faucheuse mécanique tirée par 3 chevaux noirs en ligne
Exemple de traction animale dans un pays industrialisé, ici aux États-Unis. L’outil employé ici est moderne, léger et performant

Ânes, mules et chevaux de trait en France

Traction animale en Loire-Atlantique (44) : débardage
Débardage en Loire-Atlantique (44)

En France, la traction animale est encore employée dans quelques secteurs. Les chevaux de trait servent au débardage, en préservant les zones fragiles comme les forêts littorales ou les tourbières. Diverses expériences de collectes des ordures ménagères avec des chevaux sont également menées en France. D’autres communes reviennent aux chevaux et autres mules pour l’arrosage des espaces verts ou le transport scolaire. En viticulture ou en maraîchage, on utilise également les animaux de trait.

Exemple de traction animale en France : un jeune agriculteur sarcle un champs avec deux ânes
Quentin Trotignon a suivi la formation à l’École Nationale des Ânes Maraîchers (ENAM). Ses ânes l’accompagnent au quotidien dans sa production de légumes et de plantes aromatiques et médicinales sur son exploitation en Touraine. Source : Les Cahiers de l’Âne

De nombreux avantages

La traction animale évite la production de gaz à effet de serre : c’est une énergie renouvelable ! Les utilisateurs mentionnent également l’absence de fumée, notamment dans les milieux confinés comme les serres agricoles. Les animaux peuvent ainsi jouer un rôle dans la transition énergétique et dans l’amélioration de la qualité de l’air. En agriculture, l’usage des équins assure un faible tassement du sol. Les animaux permettent de travailler les sols encore humides sans faire de dégâts ce qui offre une plus grande souplesse dans le calendrier des cultures. Les maraîchers évoquent la grande maniabilité sur de petites parcelles ou sous serres. Certaines formes d’agriculture, en terrasses par exemple, peuvent être relancées par la traction animale.

Utilisation d’un cheval dans un paysage de terrasses, en Ardèche. Le travail très superficiel de la terre, permis par la traction animale, préserve la vie microbienne du sol.

La traction animale contribue à l’indépendance énergétique : l’agriculteur ne dépend plus des cours du pétrole. Le fumier fertilise les sols, réduit ou remplace les intrants chimiques, assurant là aussi l’indépendance des agriculteurs. L’investissement, moins élevé que pour du matériel motorisé, limite le recours à l’emprunt. Enfin, et surtout, le travail avec un être vivant et sensible est unanimement reconnu par les utilisateurs comme un facteur d’épanouissement.

Pouvoir travailler sans se retourner est un avantage régulièrement mis en avant par les utilisateurs de la traction animale : fini les torticolis !

La traction animale présente de nombreux avantages que l’on retrouve en éco-pâturage : source de bien-être, absence de bruit, fertilisation et non-tassement des sols, indépendance énergétique, absence de gaz à effet de serre … Nul doute que l’animal jouera un rôle majeur dans la transition énergétique et environnementale qui s’amorce.

Éco-pâturage : chiffres clefs

Vue d'un enclos circulaire en pierres, montées à sec, avec couronnement en pierres posées verticalement. Rarement utilisé en éco-pâturage !
Enclos monté en « pierres sèches » : il s’agit d’un des plus vieux type d’enclos pour animaux

Des huttes en bois, des outils en pierre, la poterie n’a pas encore été inventée et déjà des enclos avec des moutons … Au Moyen-Orient, 10 000 ans avant notre ère, les hommes préhistoriques, sédentaires depuis peu, domestiquent pour la première fois des animaux et commencent par le mouton. L’éco-pâturage s’inscrit dans cette histoire pluri-millénaire où paysages et animaux sont intimement liés.

A gauche, un mouflon. A droite, un mouton "Scottish Blackface", race domestique courante au Royaume-Unis. Rustique et adapté aux terres pauvres, il peut être utilisé en éco-pâturage
Le mouflon : ancêtre du mouton ? Deux théories s’affrontent : soit le mouflon domestiqué, est devenu mouton … soit le mouflon est un mouton redevenu sauvage …

Définition

L’éco-pâturage consiste à proposer un service d’entretien d’espaces verts ou d’espaces naturels par des animaux, de manière à conserver ces espaces à l’état de prairies. Cette technique évite tontes, fauchages, broyages mécaniques et désherbants polluants. Les espaces entretenus sont majoritairement situés en milieu urbain ou périurbain.

Comme l'éco-pâturage, le désherbage mécanique fait partie des techniques alternatives d'entretien des espaces verts. Ici, une désherbeuse mécanique à brosse poussée par un agent "espaces verts".
Bénéfique pour la protection de l’environnement, les désherbages sans pesticides sont plus coûteux en temps. Ici, désherbage par brossage mécanique.
© Escomel

En ville, l’éco-pâturage s’inscrit dans les plans de gestion différenciée. Il épargne du temps de tonte et fauchage aux agents des collectivités, notamment mobilisés sur le désherbage mécanique des voiries depuis l’interdiction de l’usage des désherbants par les collectivités. L’éco-pâturage en milieu urbain joue un rôle social en réintroduisant la nature en ville et en modifiant le cadre de vie. Après l’installation de chèvres en pied d’immeubles, « on a remarqué qu’une cohésion s’est recréée autour du projet » témoigne Marion Raspail, chargée de mission chez le bailleur social « Haute-Savoie Habitat ». Le lieu est « devenu un lieu d’échange, de partage (…), les gens s’intéressent à leur lieu de vie, à leur environnement ». L’éco-pâturage a également une fonction d’éducation à l’environnement. À Montpellier, par exemple, les enfants des écoles et centres de loisirs sont sensibilisés à la biodiversité par le biais de visites de sites entretenus par des animaux. Dans des espaces naturels, le pâturage doit être adapté au milieu et se fait de manière extensive. À certaines périodes de l’année, les animaux peuvent être retirés pour préserver la faune et/ou la flore spécifiques de ces milieux.

Un secteur en fort développement

Dans les années 90, l’éco-pâturage était une pratique marginale. En 2000, la Caisse des Dépôts et Consignation recensait 20 villes inscrites dans des programmes d’éco-pâturage. Le même organisme comptait 150 projets en 2013 et 350 en 2014. En regroupant structures publiques et organismes privés, la barre des 1000 projets est désormais dépassée. Actuellement, sur l’ensemble du territoire national, une centaine de prestataires proposent un service d’éco-pâturage.

Les animaux

Un mouton de race solognote, utilisé en éco-pâturage (assez peu en Loire-Atlantique), robe gris-beige, ventre, pattes et tête bruns
Le mouton solognot, utilisé en éco-pâturage, possède un caractère vif et curieux, qui le rapproche de la chèvre

La star de l’éco-pâturage c’est le mouton ! Si les ovins sont les animaux les plus utilisés en éco-pâturage, les chèvres, les bovins mais aussi les chevaux et poneys peuvent être des ressources précieuses. L’activité se pratique avec de nombreuses races. Pour le mouton, le Ouessant est plébiscité mais le Lande de Bretagne ou le Solognot sont également utilisés. L’éco-pâturage permet ainsi la préservation des races anciennes et de la biodiversité domestique. Pour les caprins, la chèvre des fossés se retrouve dans de nombreux projets d’éco-pâturage.

Pour les bovins, de nombreuses races « historiques » sont employées selon les régions : vaches marines landaises, vaches bordelaise, bretonne Pie Noir … Pour l’entretien de landes ou de zones marécageuses, on recourt fréquemment à la race Highland Cattle, très rustique et adaptée à ces milieux difficiles.

Les prix

Une question revient souvent : combien ça coûte ? Sans faire une réponse de normand, les prix sont variables ! Ceux -ci dépendent des surfaces entretenues. En moyenne, les tarifs sur de petites surfaces (2000 m²) tournent autour de 1 €/m² à l’année. Les prix peuvent cependant descendre à moins de 10 centimes/m² pour de grandes surfaces (plus d’un hectare). Sur cette question, l’éco-pâturage n’a rien inventé : comme pour une tonte mécanique, les tarifs sont dégressifs en fonction des surfaces. Les prix peuvent être plus bas pour un débroussaillage temporaire.

Eco-pâturage en ville : transhumance de moutons dans une rue, devant des passants
Une forme d’éco-pâturage rare : l’itinérance en milieu urbain. Les animaux paissent de parcs en parcs sous la conduite d’un berger. Ici à Aubervilliers.
Photo AFP

Si l’éco-pâturage est réapparu il y a une vingtaine d’années pour l’entretien de zones naturelles, il permet désormais l’entretien de nombreux autres espaces. Il s’est rapproché des villes, en conquérant les espaces verts des entreprises notamment. On le trouve désormais en zone très urbaine (bassins d’orage, parcs, trouées vertes, en pied d’immeubles …). Entre la prise de conscience des enjeux écologiques, le rôle social de l’éco-pâturage et la satisfaction des clients relevée par des études, nul doute que son développement n’est pas achevé.

Méthanisation : gaz à tous les étages !

Dans un petit village de la région de Guizhou, au sud-ouest de la Chine, un habitant s’approche d’une cuve enterrée de construction artisanale et y verse ses déchets de cuisine. De cette cuve sort un tuyau branché sur une plaque de gaz de fortune.

Lorsqu’on évoque la méthanisation en France, l’image de structure de type semi-industriel s’impose. Pourtant la méthanisation, utilisée depuis le 10e siècle avant notre ère, peut aussi s’installer à domicile.

De nombreux gisements

La méthanisation consiste à mettre à fermenter des déchets organiques pour produire du gaz. La fermentation est dite « anaérobie », à savoir réalisée sans oxygène. Appelé « biogaz » en sortie de digesteur, le gaz devient « biométhane » après avoir été épuré. Il a alors les mêmes qualités que le gaz naturel et peut être injecté dans le réseau. Pour l’instant, la part du biométhane ne représente que 0,1 % de la consommation de gaz domestique en France. Le chiffre est à relativiser cependant : la plupart des unités produisent du gaz non injecté sur le réseau. Dans la majorité des installations, dites de « cogénération », le gaz sert à la production d’électricité. La chaleur des installations est récupérée et utilisée pour du chauffage collectif. Si l’on connaît bien maintenant la méthanisation des lisiers agricoles, on connaît moins celle issue des décharges et des stations d’épuration. Ces dernière produisent pourtant près de la moitié des quantités de gaz produites.

Exemple d'unité de méthanisation agricole
Unité de méthanisation agricole. A droite, le pré-digesteur (broyage, chauffage), à gauche le digesteur principal. Dans le fond, le post-digesteur qui achèvera la méthanisation et récupérera le gaz restant.


Méthane et insertion

En France, le potentiel autour des déchets ménagers « fermentescibles » est colossal. À titre d’exemple, seul 5 % des déchets alimentaires sont collectés en Île-de-France. Entreprise solidaire d’utilité sociale, la société Moulinot embauche majoritairement des personnes éloignées de l’emploi. 50 employés, dont la moitié de chauffeurs, organisent la récupération de déchets organiques auprès de sociétés, de magasins ou de cantines. La majeure partie des déchets de leurs 750 clients est revendue à des sociétés partenaires pour être traitée en biométhane. Une petite partie est transformée en compost et vendue à des maraîchers.

DIY méthane !

Construction d'une unité de méthanisation artisanale en Chine
Construction d’un méthaniseur artisanal en Chine

Dans le monde, on estime à plus de 30 millions le nombre de méthaniseurs domestiques, principalement en Chine et en Inde. Le principe est le même que pour les méthaniseurs industriels, même si leur fabrication est plus sommaire.

Dans les pays occidentaux, des sociétés proposent des digesteurs pour particuliers. La quantité de déchets fermentescibles produite par un foyer pourrait produire le gaz pour la cuisson mais les chiffres sont contestés.

Micro-unité de méthanisation : l'une gonflable, en forme de tente, l'autre plus rigide, en forme de petite serre.
Deux exemples de digesteurs domestiques, produits par la société Homebiogas. Les tarifs tournent autour de 500 € l’unité.

Le résultat de la méthanisation, appelé « digestat » est utilisable comme fertilisant pour les sols. Il se substitut aux intrants chimiques utilisés en agriculture. Remplacement du gaz naturel source de gaz à effet de serre, amendement des terres agricoles, valorisation de déchets, la méthanisation permet de réduire notre empreinte écologique. De petites unités permettant de recycler les déchets organiques localement et sans transport, constituent également une piste prometteuse. Les chiffres de production annoncés par ces micro-unités ainsi que les techniques doivent désormais être validés et la législation évoluer, pour démocratiser ces installations sous nos latitudes.

Transports, bouchons et idées reçues …

Vue d'une rue de Paris avec problème de transports
Embouteillage de charrettes et voitures à Paris, début du XXe s

Au XVIIe siècle déjà, le poète Boileau dénonçait les conditions de circulation à Paris, preuve que les difficultés de transports datent quelque peu … Les bouchons sont source de nuisances considérables. Stress et temps perdu pour les usagers, impact sur la qualité de l’air, importantes quantités d’énergie perdues …

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Les poules gèrent les poubelles …

Les déchets de cuisine pouvant être compostés représentent 30 % du volume de nos poubelles … mais 40 à 60 % de leur poids : les épluchures contiennent de l’eau et c’est lourd ! Autant de matières à transporter, à gérer, qui généreront des pollutions tout au long de la filière : carburant pour le transport, infrastructures de gestion (centre d’incinération ou centre d’enfouissement …). Et qui coûte cher aux collectivités locales, c’est à dire à nous ! Rappelons qu’entre un tri efficace et un compost, la poubelle domestique peut être diminuée de 80 % ! Mais le compostage n’est pas l’unique solution à la gestion des produits fermentescibles : les poules ont aussi leur rôle à jouer !Lire la suite…

Péniches et bateaux à voile : le retour ?

Le transport de marchandise reste très consommateur d’énergie et fortement émetteur de gaz à effet de serre. Alors que d’autres secteurs (logement, industrie …) diminuent leur consommation, le secteur du transport a augmenté ses rejets de gaz à effet de serre de 26 % entre 1990 et 2005.  Les avancées technologiques sur les bateaux à voile ou les nouvelles solutions « intermodales » fluviales constituent-elles une partie de la solution ?Lire la suite…