Médico-social et animaux : un bénéfice à gérer

Présence ponctuelle d’un animal en institution

Jeune handicapée en situation de handicap mental faisant du cheval sans les mains, la longe du cheval est tenue par une encadrante
L’équitation permet de travailler sans contrainte l’équilibre, la posture, le tonus du corps

Les établissements accueillant des personnes handicapées organisent pour la plupart des activités en lien avec les animaux : visite en ferme pédagogique, promenade des chiens en refuge, équitation, etc.

Les professionnels du secteur sanitaire et médico-social s’accordent sur le bienfait de la relation à l’animal pour les bénéficiaires des structures, que ce soit au niveau éducatif, socialisant ou thérapeutique.

Les bienfaits du contact avec l’animal

Approcher un animal demande un apprentissage de la gestion des émotions, ce qui n’est pas le plus simple pour certaines personnes en situation de handicap, tout comme chez le jeune enfant. Entrer en relation avec un animal implique de s’arrêter, de se mettre à l’écoute, de se caler sur les besoins de l’animal et donc de se décentrer : la personne qui veut approcher un animal doit prendre en compte les besoins de celui-ci pour réussir à entrer en relation, à l’approcher, à le caresser.

Vue d'un jeune homme dans un établissement médico-social tendant sa main à un hamster, qui vient la renifler.
Afin que l’animal se laisse toucher, la personne doit contrôler ses émotions, son impulsivité. La récompense à cet effort est immédiate : l’animal se laisse caresser, l’estime de soi est renforcée.

S’il doit le nourrir, le soigner, celui qui est cantonné le plus souvent en situation de personne aidée, devient l’aidant : de lui dépend un autre être vivant, sur lequel il doit veiller pour subvenir à ses besoins. S’occuper d’un animal met en situation de responsabilité. Une fois le contact établi avec l’animal, ce sont tous les sens qui sont en éveil : la vue, l’odorat, le toucher (caresses à l’animal), l’ouïe (quel bruit fait l’animal en mangeant, en ronronnant…). Côtoyer un animal est donc un formidable support d’éveil des sens. Des acquisitions motrices sont facilitées par la médiation animale : brosser le pelage, servir une gamelle d’eau, autant de gestes motivants pour travailler la coordination des gestes.

Présence apaisante, support d’acquisitions variées, de communication, de contrôle des émotions : pour toutes ces raisons et pour le plaisir qu’apporte la relation à l’animal, de nombreuses institutions intègrent dans leur projet éducatif des activités en lien avec les animaux.

Vue de pensionnaires d'un établissement médico-social effectuant une tournée de ramassage de verre (tri sélectif) avec une charrette et un âne
Une activité avec des animaux source de lien social : ramassage du verre par des personnes en situation de handicap mental. Source : Les Cahiers de l’Âne

Avoir des animaux à demeure, des contraintes à gérer

Malheureusement, ce sont le plus souvent des activités ponctuelles, à l’extérieur de l’établissement. Peu d’institutions font le choix d’une présence animale en leurs murs. En effet, assumer la présence d’animaux en établissement médico-social est lourd de conséquence pour la direction, qui se heurte à la législation et aux normes sanitaires. De plus, la présence d’un animal engage une responsabilité, qui est d’assurer le soin régulier : comment gérer pendant les périodes de fermeture ? Qui prend le relais quand le professionnel référent est absent ? Qui gère un animal malade ? une clôture abîmée ?

Animal et établissement médico-social : passer par un prestataire

L’écopâturage devient un moyen d’introduire une présence animale dans un établissement en déléguant la responsabilité à une entreprise spécialisée. Les résidents et les professionnels bénéficient de la présence quotidienne de l’animal, l’institution est déchargée des contraintes techniques, administratives et juridiques : une coopération gagnante !