Agroforesterie : sous la forêt, du blé

L’agroforesterie consiste à associer sur une même parcelle des cultures et des arbres. La technique a été remise à l’honneur dans les années 1970, mais s’inspire de pratiques ancestrales. Cette méthode agricole présente de nombreux avantages : préservation de la biodiversité, protection contre les aléas climatiques, embellissement des paysages …

Une méthode ancienne

Agroforesterie en Espagne : oliviers centenaires et culture de choux
Agroforesterie en Espagne : des choux sous des oliviers. ©Agroof

L’association d’arbres et de cultures se retrouve à toutes les époques et partout dans le monde : en Grèce antique, vignes et oliviers étaient espacés pour recevoir des cultures de céréales ou de légumineuse. En Indonésie, sous de très grands arbres, sont plantés des palmiers, sous lesquels se trouvent d’autres cultures supportant l’ombre. En Égypte, sous les dattiers poussent les oliviers et des agrumes, sous lesquels se retrouvent les plantes potagères … En France, dans les systèmes bocagers traditionnels, l’arbre était étroitement associé aux cultures : dans les haies, sur talus, dans les champs pour la production de pommes ou de noix …

L’agroforesterie améliore la biodiversité

Agroforesterie contemporaine : une moissoneuse récolte le blé sous des noyers
Moisson de blé sous des noyers ©Agroof

La présence d’arbres favorise la présence d’une multitude d’espèces. Chauve-souris et chouettes vont y trouver refuge, tout comme le hérisson dans les haies. Ce dernier va limiter les ravageurs de cultures comme les limaces et les escargots. Les chouettes se nourriront des campagnols, également nuisibles pour les cultures.  De manière plus générale, les insectes vont se multiplier et les prédateurs à leur tour.  Les pollinisateurs comme les abeilles trouveront plus facilement de quoi se nourrir dans ces milieux variés.

Puits de carbone et fertilité des sols

Comparativement à un milieu en monoculture, une parcelle exploitée en agroforesterie va absorber et stocker une plus grande quantité de carbone. Cette technique contribue ainsi à lutter contre le réchauffement climatique. Elle permet également d’améliorer la fertilité des sols : les arbres, par leurs racines, vont puiser des éléments nutritifs en profondeur, qui nourriront le sol de surface lors de la chute des feuilles.

Protection des cultures et des sols

Les arbres préservent les cultures des phénomènes climatiques violents : ils limitent les effets de la grêle, ils protègent des vents violents et atténuent  la sécheresse . Ainsi, l’ombre limitera l’évaporation et des températures excessives. Par ailleurs, leurs racines limitent l’érosion des terres et les inondations.

Un revenu diversifié

Des études démontrent que l’association d’arbres et de cultures produit proportionnellement plus de biomasse qu’une monoculture.  Prenant peu de place sur les parcelles, les arbres vont par ailleurs être une source de revenus supplémentaires  (fruits, bois d’œuvre …).

Au même titre que les fermes urbaines, que l’écopaturage, l’agroforesterie fait partie de ces techniques ancestrales qui, adaptées au monde d’aujourd’hui contribueront aux solutions écologiques de demain.