Coopératives citoyennes d’énergie : acteurs de la transition

Depuis une quinzaine d’année, de nombreuses coopératives citoyennes d’énergie émergent. L’ouverture des marchés de l’énergie à la concurrence, en mettant fin au monopôle d’EDF, a permis l’apparition d’acteurs privés mais également de structures contrôlées par la société civile. De formes juridiques diverses, décentralisées et démocratiques, les coopératives d’énergie s’invitent dans le paysage concurrentiel.

Fonctionnement démocratique et investissement citoyen

Les premières coopératives citoyennes d’énergie sont apparues il y a une quinzaine d’années. La volonté de ces collectifs étaient de participer à la transition énergétique en installant des moyens de production d’énergie renouvelable. La collecte d’épargne issus des particulier, souvent complétés de prêts bancaires, permet de financer ces projets. Les statuts juridiques des coopératives citoyennes d’énergie sont nombreux : Société par Actions Simplifiées, Société Coopératives d’Intérêt Collective .. Leur dénominateur commun réside dans l’implication citoyenne tout au long du projet. Au-delà de l’investissement financier, les coopérateurs participent aux décisions, co-gèrent les structures … et reprennent en main leur énergie !

Distributeur d’énergie verte

ENERCOOP est un pionnier dans la distribution d’énergie renouvelable. Coopérative citoyenne, ENERCOOP distribue de l’énergie d’origine renouvelable depuis plus de 10 ans. La coopérative ne vend pas plus d’énergie qu’elle n’en achète d’origine renouvelable. Les contrats sont passés en direct avec les producteurs, sans passer par le marché des « certificats verts », dont le fonctionnement est régulièrement dénoncé par les ONG. En 2010, ENERCOOP participe au lancement d’Énergie Partagée, structure qui soutient et finance les coopératives citoyennes d’énergies.

Solaire et éolien citoyen près de chez vous !

Localement, le parc de Beganne, dans le Morbihan, a été inaugurée en 2014. Quatre éoliennes de 2 MegaWatt chacune produise la consommation électrique de 6000 foyers … 1000 habitants ont contribué au financement, pour un budget total de 12 millions d’euros … Premier parc citoyen éolien de France, il fera des émules à quelques kilomètres avec deux nouveaux parcs éoliens coopératifs en Loire-Atlantique : les sites de Sévérac-Guenrouët et d’Avessac sont mis en service en 2016.

groupe d'habitants investis dans une des coopératives citoyennes d'énergie, posant devant leur éolienne en arrière plan
Citoyens devant « leurs » éoliennes, ici à Avessac

Sur la presqu’île guérandaise, l’association Cap Soleil, promeut l’énergie photovoltaïque coopérative. Début 2019, la première centrale de production solaire, financée par des citoyens, a été installée sur les toits des « P’tits Ensemble(s)« , dans l’écoquartier de la Maison Neuve de Guérande.

Autre exemple parmi les coopératives citoyennes d'énergie : la centrale photovoltaïque des P'tits Ensemble(s) à Guérande (département 44)
Les habitants des P’tits Ensemble(s) ont prêté leurs toits pour l’installation de la centrale photovoltaïque coopérative

Que ce soit dans le domaine de la distribution ou de la production, les projets coopératifs autour des énergies renouvelables se développent et se structurent : plus de 200 projets sont à l’étude en France pour installer des parcs éoliens ou des centrales solaires à l’initiative de collectifs citoyens. D’un point de vue technique et financier, des structures régionales accompagnent les porteurs de projets. Co-watt, par exemple, en Pays de la Loire, accompagne techniquement les associations locales dans leur projet d’installation photovoltaïque. Co-Watt a ainsi soutenu le projet guérandais initié par Cap Soleil. Les coopératives citoyennes d’énergie permettent de collecter de l’épargne, d’ancrer les projets sur nos territoires et de les contrôler de manière démocratiques. Très généralement accompagnés de programme d’économie d’énergie, via des actions de sensibilisation notamment, ces nombreuses initiatives permettent à chacun d’investir, et de s’investir, dans la préservation de notre climat.

Traction animale, ici et ailleurs

Dans nos sociétés industrielles, le rôle de nos animaux domestiques tend à devenir essentiellement « social ». Nous partageons nos vies avec eux car ils nous apportent de la joie, du bien-être. Pour les personnes fragiles, en maison de retraite par exemple, chiens et chats aident les résidents à dépasser leur difficultés, à « sortir de soi » pour entrer en contact avec l’autre. Le chien s’attache également à d’autres missions : on pense aux chiens d’aveugle ou aux chiens d’avalanches. Ailleurs, les animaux occupent bien d’autres fonctions, à commencer par la traction animale …

La traction animale à travers le monde

Traction animale en Afrique centrale : deux zébus tractent une petite charrue dirigée par un homme. Un autre homme sème à la main.
Labour à l’aide de Zebu, au Tchad

Lorsque nous pensons agriculture, nous pensons tracteurs, moissonneuses … Pourtant, selon les chiffres de la FAO, la majorité des agriculteurs dans le monde travaillent à la main (800 millions). 300 millions d’agriculteurs utilisent la traction animale. Seuls 30 millions ont un ou plusieurs tracteurs ! La traction animale, loin d’être anecdotique mondialement, a été supplantée dans les pays occidentaux par la mécanisation après la seconde guerre mondiale.

Un exemple de traction animale moderne : agriculteur assis sur une faucheuse mécanique tirée par 3 chevaux noirs en ligne
Exemple de traction animale dans un pays industrialisé, ici aux États-Unis. L’outil employé ici est moderne, léger et performant

Ânes, mules et chevaux de trait en France

Traction animale en Loire-Atlantique (44) : débardage
Débardage en Loire-Atlantique (44)

En France, la traction animale est encore employée dans quelques secteurs. Les chevaux de trait servent au débardage, en préservant les zones fragiles comme les forêts littorales ou les tourbières. Diverses expériences de collectes des ordures ménagères avec des chevaux sont également menées en France. D’autres communes reviennent aux chevaux et autres mules pour l’arrosage des espaces verts ou le transport scolaire. En viticulture ou en maraîchage, on utilise également les animaux de trait.

Exemple de traction animale en France : un jeune agriculteur sarcle un champs avec deux ânes
Quentin Trotignon a suivi la formation à l’École Nationale des Ânes Maraîchers (ENAM). Ses ânes l’accompagnent au quotidien dans sa production de légumes et de plantes aromatiques et médicinales sur son exploitation en Touraine. Source : Les Cahiers de l’Âne

De nombreux avantages

La traction animale évite la production de gaz à effet de serre : c’est une énergie renouvelable ! Les utilisateurs mentionnent également l’absence de fumée, notamment dans les milieux confinés comme les serres agricoles. Les animaux peuvent ainsi jouer un rôle dans la transition énergétique et dans l’amélioration de la qualité de l’air. En agriculture, l’usage des équins assure un faible tassement du sol. Les animaux permettent de travailler les sols encore humides sans faire de dégâts ce qui offre une plus grande souplesse dans le calendrier des cultures. Les maraîchers évoquent la grande maniabilité sur de petites parcelles ou sous serres. Certaines formes d’agriculture, en terrasses par exemple, peuvent être relancées par la traction animale.

Utilisation d’un cheval dans un paysage de terrasses, en Ardèche. Le travail très superficiel de la terre, permis par la traction animale, préserve la vie microbienne du sol.

La traction animale contribue à l’indépendance énergétique : l’agriculteur ne dépend plus des cours du pétrole. Le fumier fertilise les sols, réduit ou remplace les intrants chimiques, assurant là aussi l’indépendance des agriculteurs. L’investissement, moins élevé que pour du matériel motorisé, limite le recours à l’emprunt. Enfin, et surtout, le travail avec un être vivant et sensible est unanimement reconnu par les utilisateurs comme un facteur d’épanouissement.

Pouvoir travailler sans se retourner est un avantage régulièrement mis en avant par les utilisateurs de la traction animale : fini les torticolis !

La traction animale présente de nombreux avantages que l’on retrouve en éco-pâturage : source de bien-être, absence de bruit, fertilisation et non-tassement des sols, indépendance énergétique, absence de gaz à effet de serre … Nul doute que l’animal jouera un rôle majeur dans la transition énergétique et environnementale qui s’amorce.

Méthanisation : gaz à tous les étages !

Dans un petit village de la région de Guizhou, au sud-ouest de la Chine, un habitant s’approche d’une cuve enterrée de construction artisanale et y verse ses déchets de cuisine. De cette cuve sort un tuyau branché sur une plaque de gaz de fortune.

Lorsqu’on évoque la méthanisation en France, l’image de structure de type semi-industriel s’impose. Pourtant la méthanisation, utilisée depuis le 10e siècle avant notre ère, peut aussi s’installer à domicile.

De nombreux gisements

La méthanisation consiste à mettre à fermenter des déchets organiques pour produire du gaz. La fermentation est dite « anaérobie », à savoir réalisée sans oxygène. Appelé « biogaz » en sortie de digesteur, le gaz devient « biométhane » après avoir été épuré. Il a alors les mêmes qualités que le gaz naturel et peut être injecté dans le réseau. Pour l’instant, la part du biométhane ne représente que 0,1 % de la consommation de gaz domestique en France. Le chiffre est à relativiser cependant : la plupart des unités produisent du gaz non injecté sur le réseau. Dans la majorité des installations, dites de « cogénération », le gaz sert à la production d’électricité. La chaleur des installations est récupérée et utilisée pour du chauffage collectif. Si l’on connaît bien maintenant la méthanisation des lisiers agricoles, on connaît moins celle issue des décharges et des stations d’épuration. Ces dernière produisent pourtant près de la moitié des quantités de gaz produites.

Exemple d'unité de méthanisation agricole
Unité de méthanisation agricole. A droite, le pré-digesteur (broyage, chauffage), à gauche le digesteur principal. Dans le fond, le post-digesteur qui achèvera la méthanisation et récupérera le gaz restant.


Méthane et insertion

En France, le potentiel autour des déchets ménagers « fermentescibles » est colossal. À titre d’exemple, seul 5 % des déchets alimentaires sont collectés en Île-de-France. Entreprise solidaire d’utilité sociale, la société Moulinot embauche majoritairement des personnes éloignées de l’emploi. 50 employés, dont la moitié de chauffeurs, organisent la récupération de déchets organiques auprès de sociétés, de magasins ou de cantines. La majeure partie des déchets de leurs 750 clients est revendue à des sociétés partenaires pour être traitée en biométhane. Une petite partie est transformée en compost et vendue à des maraîchers.

DIY méthane !

Construction d'une unité de méthanisation artisanale en Chine
Construction d’un méthaniseur artisanal en Chine

Dans le monde, on estime à plus de 30 millions le nombre de méthaniseurs domestiques, principalement en Chine et en Inde. Le principe est le même que pour les méthaniseurs industriels, même si leur fabrication est plus sommaire.

Dans les pays occidentaux, des sociétés proposent des digesteurs pour particuliers. La quantité de déchets fermentescibles produite par un foyer pourrait produire le gaz pour la cuisson mais les chiffres sont contestés.

Micro-unité de méthanisation : l'une gonflable, en forme de tente, l'autre plus rigide, en forme de petite serre.
Deux exemples de digesteurs domestiques, produits par la société Homebiogas. Les tarifs tournent autour de 500 € l’unité.

Le résultat de la méthanisation, appelé « digestat » est utilisable comme fertilisant pour les sols. Il se substitut aux intrants chimiques utilisés en agriculture. Remplacement du gaz naturel source de gaz à effet de serre, amendement des terres agricoles, valorisation de déchets, la méthanisation permet de réduire notre empreinte écologique. De petites unités permettant de recycler les déchets organiques localement et sans transport, constituent également une piste prometteuse. Les chiffres de production annoncés par ces micro-unités ainsi que les techniques doivent désormais être validés et la législation évoluer, pour démocratiser ces installations sous nos latitudes.

Transports, bouchons et idées reçues …

Vue d'une rue de Paris avec problème de transports
Embouteillage de charrettes et voitures à Paris, début du XXe s

Au XVIIe siècle déjà, le poète Boileau dénonçait les conditions de circulation à Paris, preuve que les difficultés de transports datent quelque peu … Les bouchons sont source de nuisances considérables. Stress et temps perdu pour les usagers, impact sur la qualité de l’air, importantes quantités d’énergie perdues …

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Péniches et bateaux à voile : le retour ?

Le transport de marchandise reste très consommateur d’énergie et fortement émetteur de gaz à effet de serre. Alors que d’autres secteurs (logement, industrie …) diminuent leur consommation, le secteur du transport a augmenté ses rejets de gaz à effet de serre de 26 % entre 1990 et 2005.  Les avancées technologiques sur les bateaux à voile ou les nouvelles solutions « intermodales » fluviales constituent-elles une partie de la solution ?Lire la suite…

Mobilité : les nouvelles formes de déplacement

Le transport routier représente 16 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Un milliard de voitures circule dans le monde, chiffre croissant de manière exponentielle notamment du fait des pays émergents. En France, les gaz à effet de serre dus aux voitures particulières ont augmenté de 17 % entre 1990 et 2004 … Si la place de la voiture particulière doit diminuer, beaucoup d’entre nous se posent la question de son remplacement … Zoom sur les nouvelles formes de mobilité.Lire la suite…

Éclairage public, un gisement d’économie surprenant

L’éclairage public et l’éclairage des bâtiments consomment annuellement dans le monde 2700 TWh. Cela représente 6 fois la consommation totale d’électricité en France sur une année. Dans l’hexagone, un réacteur nucléaire est uniquement dédié à l’éclairage public, qui représente 38 % de la facture d’électricité des communes. La consommation totale d’électricité pour l’éclairage dans le monde produit 5 % des gaz à effet de serre. Le gisement d’économie d’énergie dans ce secteur est à la hauteur de ces chiffres colossaux.Lire la suite…

Photovoltaïque : l’autoconsommation collective

La production photovoltaïque mondiale connaît un bond spectaculaire depuis quelques années :  en 2016, environ 75 GW de capacités nouvelles ont été raccordées dans le monde. C’est cinq fois plus qu’en 2010 et 50 % de plus qu’en 2015. Si la France accuse encore du retard, le rythme d’installations augmente ces dernières années. Généralement ces installations revendent leur électricité. La raison en est simple : les prix de vente sont plus élevés que les prix d’achat de l’électricité. Mais ne serait-il pas plus logique d’auto-consommer l’électricité sur place plutôt que l’envoyer sur le réseau ? Analyse.Lire la suite…