Traction animale, ici et ailleurs

Dans nos sociétés industrielles, le rôle de nos animaux domestiques tend à devenir essentiellement « social ». Nous partageons nos vies avec eux car ils nous apportent de la joie, du bien-être. Pour les personnes fragiles, en maison de retraite par exemple, chiens et chats aident les résidents à dépasser leur difficultés, à « sortir de soi » pour entrer en contact avec l’autre. Le chien s’attache également à d’autres missions : on pense aux chiens d’aveugle ou aux chiens d’avalanches. Ailleurs, les animaux occupent bien d’autres fonctions, à commencer par la traction animale …

La traction animale à travers le monde

Traction animale en Afrique centrale : deux zébus tractent une petite charrue dirigée par un homme. Un autre homme sème à la main.
Labour à l’aide de Zebu, au Tchad

Lorsque nous pensons agriculture, nous pensons tracteurs, moissonneuses … Pourtant, selon les chiffres de la FAO, la majorité des agriculteurs dans le monde travaillent à la main (800 millions). 300 millions d’agriculteurs utilisent la traction animale. Seuls 30 millions ont un ou plusieurs tracteurs ! La traction animale, loin d’être anecdotique mondialement, a été supplantée dans les pays occidentaux par la mécanisation après la seconde guerre mondiale.

Un exemple de traction animale moderne : agriculteur assis sur une faucheuse mécanique tirée par 3 chevaux noirs en ligne
Exemple de traction animale dans un pays industrialisé, ici aux États-Unis. L’outil employé ici est moderne, léger et performant

Ânes, mules et chevaux de trait en France

Traction animale en Loire-Atlantique (44) : débardage
Débardage en Loire-Atlantique (44)

En France, la traction animale est encore employée dans quelques secteurs. Les chevaux de trait servent au débardage, en préservant les zones fragiles comme les forêts littorales ou les tourbières. Diverses expériences de collectes des ordures ménagères avec des chevaux sont également menées en France. D’autres communes reviennent aux chevaux et autres mules pour l’arrosage des espaces verts ou le transport scolaire. En viticulture ou en maraîchage, on utilise également les animaux de trait.

Exemple de traction animale en France : un jeune agriculteur sarcle un champs avec deux ânes
Quentin Trotignon a suivi la formation à l’École Nationale des Ânes Maraîchers (ENAM). Ses ânes l’accompagnent au quotidien dans sa production de légumes et de plantes aromatiques et médicinales sur son exploitation en Touraine. Source : Les Cahiers de l’Âne

De nombreux avantages

La traction animale évite la production de gaz à effet de serre : c’est une énergie renouvelable ! Les utilisateurs mentionnent également l’absence de fumée, notamment dans les milieux confinés comme les serres agricoles. Les animaux peuvent ainsi jouer un rôle dans la transition énergétique et dans l’amélioration de la qualité de l’air. En agriculture, l’usage des équins assure un faible tassement du sol. Les animaux permettent de travailler les sols encore humides sans faire de dégâts ce qui offre une plus grande souplesse dans le calendrier des cultures. Les maraîchers évoquent la grande maniabilité sur de petites parcelles ou sous serres. Certaines formes d’agriculture, en terrasses par exemple, peuvent être relancées par la traction animale.

Utilisation d’un cheval dans un paysage de terrasses, en Ardèche. Le travail très superficiel de la terre, permis par la traction animale, préserve la vie microbienne du sol.

La traction animale contribue à l’indépendance énergétique : l’agriculteur ne dépend plus des cours du pétrole. Le fumier fertilise les sols, réduit ou remplace les intrants chimiques, assurant là aussi l’indépendance des agriculteurs. L’investissement, moins élevé que pour du matériel motorisé, limite le recours à l’emprunt. Enfin, et surtout, le travail avec un être vivant et sensible est unanimement reconnu par les utilisateurs comme un facteur d’épanouissement.

Pouvoir travailler sans se retourner est un avantage régulièrement mis en avant par les utilisateurs de la traction animale : fini les torticolis !

La traction animale présente de nombreux avantages que l’on retrouve en éco-pâturage : source de bien-être, absence de bruit, fertilisation et non-tassement des sols, indépendance énergétique, absence de gaz à effet de serre … Nul doute que l’animal jouera un rôle majeur dans la transition énergétique et environnementale qui s’amorce.

Méthanisation : gaz à tous les étages !

Dans un petit village de la région de Guizhou, au sud-ouest de la Chine, un habitant s’approche d’une cuve enterrée de construction artisanale et y verse ses déchets de cuisine. De cette cuve sort un tuyau branché sur une plaque de gaz de fortune.

Lorsqu’on évoque la méthanisation en France, l’image de structure de type semi-industriel s’impose. Pourtant la méthanisation, utilisée depuis le 10e siècle avant notre ère, peut aussi s’installer à domicile.

De nombreux gisements

La méthanisation consiste à mettre à fermenter des déchets organiques pour produire du gaz. La fermentation est dite « anaérobie », à savoir réalisée sans oxygène. Appelé « biogaz » en sortie de digesteur, le gaz devient « biométhane » après avoir été épuré. Il a alors les mêmes qualités que le gaz naturel et peut être injecté dans le réseau. Pour l’instant, la part du biométhane ne représente que 0,1 % de la consommation de gaz domestique en France. Le chiffre est à relativiser cependant : la plupart des unités produisent du gaz non injecté sur le réseau. Dans la majorité des installations, dites de « cogénération », le gaz sert à la production d’électricité. La chaleur des installations est récupérée et utilisée pour du chauffage collectif. Si l’on connaît bien maintenant la méthanisation des lisiers agricoles, on connaît moins celle issue des décharges et des stations d’épuration. Ces dernière produisent pourtant près de la moitié des quantités de gaz produites.

Exemple d'unité de méthanisation agricole
Unité de méthanisation agricole. A droite, le pré-digesteur (broyage, chauffage), à gauche le digesteur principal. Dans le fond, le post-digesteur qui achèvera la méthanisation et récupérera le gaz restant.


Méthane et insertion

En France, le potentiel autour des déchets ménagers « fermentescibles » est colossal. À titre d’exemple, seul 5 % des déchets alimentaires sont collectés en Île-de-France. Entreprise solidaire d’utilité sociale, la société Moulinot embauche majoritairement des personnes éloignées de l’emploi. 50 employés, dont la moitié de chauffeurs, organisent la récupération de déchets organiques auprès de sociétés, de magasins ou de cantines. La majeure partie des déchets de leurs 750 clients est revendue à des sociétés partenaires pour être traitée en biométhane. Une petite partie est transformée en compost et vendue à des maraîchers.

DIY méthane !

Construction d'une unité de méthanisation artisanale en Chine
Construction d’un méthaniseur artisanal en Chine

Dans le monde, on estime à plus de 30 millions le nombre de méthaniseurs domestiques, principalement en Chine et en Inde. Le principe est le même que pour les méthaniseurs industriels, même si leur fabrication est plus sommaire.

Dans les pays occidentaux, des sociétés proposent des digesteurs pour particuliers. La quantité de déchets fermentescibles produite par un foyer pourrait produire le gaz pour la cuisson mais les chiffres sont contestés.

Micro-unité de méthanisation : l'une gonflable, en forme de tente, l'autre plus rigide, en forme de petite serre.
Deux exemples de digesteurs domestiques, produits par la société Homebiogas. Les tarifs tournent autour de 500 € l’unité.

Le résultat de la méthanisation, appelé « digestat » est utilisable comme fertilisant pour les sols. Il se substitut aux intrants chimiques utilisés en agriculture. Remplacement du gaz naturel source de gaz à effet de serre, amendement des terres agricoles, valorisation de déchets, la méthanisation permet de réduire notre empreinte écologique. De petites unités permettant de recycler les déchets organiques localement et sans transport, constituent également une piste prometteuse. Les chiffres de production annoncés par ces micro-unités ainsi que les techniques doivent désormais être validés et la législation évoluer, pour démocratiser ces installations sous nos latitudes.

Transports, bouchons et idées reçues …

Vue d'une rue de Paris avec problème de transports
Embouteillage de charrettes et voitures à Paris, début du XXe s

Au XVIIe siècle déjà, le poète Boileau dénonçait les conditions de circulation à Paris, preuve que les difficultés de transports datent quelque peu … Les bouchons sont source de nuisances considérables. Stress et temps perdu pour les usagers, impact sur la qualité de l’air, importantes quantités d’énergie perdues …

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Péniches et bateaux à voile : le retour ?

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Mobilité : les nouvelles formes de déplacement

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Éclairage public, un gisement d’économie surprenant

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Photovoltaïque : l’autoconsommation collective

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