Le bois : filières inexploitées et projets insolites

Le bois constitue une ressource d’avenir, que ce soit pour la transition énergétique ou pour la construction. Utilisé pour le chauffage, il est neutre en carbone puisque le CO² émis est celui capté par l’arbre durant sa croissance. Mieux encore, utilisé en construction, il stocke du carbone. De nombreuses sources restent à valoriser. De l’utilisation des haies de bords de routes ou des villes à « l’arbre à fourrage » pour les ruminants, en passant par la réutilisation du bois de déconstruction, tour d’horizon de ces ressources méconnues !

Des ressources à valoriser

Vue de plaquettes de bois en gros plan
Plus efficace que le compost, le BRF doit être épandu sur au moins 3 cm d’épaisseur

La forêt n’est pas le seul endroit où l’on trouve du bois … La taille des haies de bords de routes représente en effet une ressource encore trop peu valorisée. Le petit bois de talus, des haies peut être utilisé en BRF. L’interdiction des feux de déchets verts et des pesticides dans les communes ont intensifié l’usage de ce « paillage » au pied des plantations.

Un tracteur avec remorque et un tracteur avec broyeur : ce dernier évacue du broyat de bois dans la remorque
Convoi de fabrication de plaquette bois en bord de route

Les lisières de forêt, les plantations de bords de route, bref, tous les arbres de plus grande section peuvent être quant à eux valorisés en énergie. Par jour et par kilomètre, l’élagage produit 20 tonnes de plaquettes, soit la quantité moyenne nécessaire pour chauffer 4 foyers à l’année.

Construire avec le bois des villes …

Le bois des villes, issu de la taille des arbres ou des haies, est désormais bien valorisé : broyé sur place ou emporté en déchetterie où il est transformé en compost. La ville de Lorient innove depuis plusieurs années en utilisant les arbres de qualité, issus de chantier d’abattage, en bois d’œuvre. Les agents communaux ont été formés aux techniques de construction. Autonomes sur des petits chantiers (abribus, mobilier urbain), ils sont accompagnés par des charpentiers sur des chantiers plus importants.

Deux photos d'une ossature bois traditionnelle (type "colombage) avant remplissage entre les poutres
La crèche  » Salopette et pâte à sel » a été réalisée avec du bois de ville issu de chantier d’abattage : une formidable initiative pour favoriser l’usage de bois en circuit court

Dans le même esprit, un abribus a été réalisé à Vignoc en Ille-et-Vilaine. Le bois, issu d’une haie communale, a été façonné sur place, dans le cadre d’atelier pédagogique.

À gauche : charpentier en train de monter l'ossature d'un abribus sous le regard d'enfants. À droite : l'abribus terminé
À gauche : la construction, sous le regard attentif d’enfants des écoles. Le bâtiment reprend la forme de l’ancienne gare de tramway du XIXe siècle

Valoriser le bois d’œuvre est une pratique économiquement intéressante pour les communes : le tarif du bois de construction s’élève à 1500 €/m³ tandis que les plaquettes se négocient à 150 €/m³.

Des arbres pour les vaches …

Les arbres ont longtemps été utilisés comme fourrage pour les bêtes. Les branches étaient coupées et données, lors des périodes de sécheresse par exemple.

De gauche à droite : arbre têtard taillé, arbre tétard avec branche, prairie fleurie avec deux rangées d'arbres
Les trognes « traditionnelles » (à gauche, après la taille et au centre) servaient à de nombreux usages : chauffage, bois d’œuvre, fagots … À droite, expérimentation à l’INRA : les vaches viendront directement manger les branches, une fois les arbres recépés.
Deux chouettes blotties dans un trou d'un arbre creux
Chouette chevêche dans un arbre ceux

Les trognes, du fait de leur cavité, constituent de véritables refuges écologiques : martres, chouettes, amphibiens, insectes … la liste est longue des habitants de ces arbres particuliers … preuve qu’on peut concilier production et écologie !

Le réemploi

Le bois figure parmi les bons élèves des matériaux recyclés lors de la démolition des bâtiments (à 90 % selon l’ADEME). Toutefois, il est généralement broyé pour alimenter des chaufferies, l’industrie du papier, ou pour fabriquer des panneaux d’agglomérés. Or, réutiliser du bois de construction … dans la construction possède un meilleur bilan environnemental. Sa réutilisation ne nécessite en effet pas de transformation, consommatrice d’énergie … sans parler de voir partir de belles pièces de charpente en chaufferie comme une vulgaire palette !

De gauche à droite : vue extérieure du bâtiment, panneaux colorés, tuiles mécaniques anciennes, bois. Vue intérieure : grande baies vitrées, charpente bois, grande hauteur sous plafond. Vue de la façade extérieure sud, oblique
Preuve que réemploi et qualité architecturale sont compatibles : un bâtiment en bois issu de la déconstruction réalisée par la coopérative Bellastock
© Bellastock – Clément Guillaume 2018

Les haies, les arbres des ville, le bois de construction recyclé, constituent une ressource sous-estimée et sous-employée. Ces gisements méconnus ont toute leur place au côté du bois issu de forêts variées (feuillus, résineux …), gérées durablement et source de biodiversité.

Coopératives citoyennes d’énergie : acteurs de la transition

Depuis une quinzaine d’année, de nombreuses coopératives citoyennes d’énergie émergent. L’ouverture des marchés de l’énergie à la concurrence, en mettant fin au monopôle d’EDF, a permis l’apparition d’acteurs privés mais également de structures contrôlées par la société civile. De formes juridiques diverses, décentralisées et démocratiques, les coopératives d’énergie s’invitent dans le paysage concurrentiel.

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Traction animale, ici et ailleurs

Dans nos sociétés industrielles, le rôle de nos animaux domestiques tend à devenir essentiellement « social ». Nous partageons nos vies avec eux car ils nous apportent de la joie, du bien-être. Pour les personnes fragiles, en maison de retraite par exemple, chiens et chats aident les résidents à dépasser leur difficultés, à « sortir de soi » pour entrer en contact avec l’autre. Le chien s’attache également à d’autres missions : on pense aux chiens d’aveugle ou aux chiens d’avalanches. Ailleurs, les animaux occupent bien d’autres fonctions, à commencer par la traction animale …

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Transports, bouchons et idées reçues …

Vue d'une rue de Paris avec problème de transports
Embouteillage de charrettes et voitures à Paris, début du XXe s

Au XVIIe siècle déjà, le poète Boileau dénonçait les conditions de circulation à Paris, preuve que les difficultés de transports datent quelque peu … Les bouchons sont source de nuisances considérables. Stress et temps perdu pour les usagers, impact sur la qualité de l’air, importantes quantités d’énergie perdues …

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Péniches et bateaux à voile : le retour ?

Le transport de marchandise reste très consommateur d’énergie et fortement émetteur de gaz à effet de serre. Alors que d’autres secteurs (logement, industrie …) diminuent leur consommation, le secteur du transport a augmenté ses rejets de gaz à effet de serre de 26 % entre 1990 et 2005.  Les avancées technologiques sur les bateaux à voile ou les nouvelles solutions « intermodales » fluviales constituent-elles une partie de la solution ?Lire la suite…

Mobilité : les nouvelles formes de déplacement

Le transport routier représente 16 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Un milliard de voitures circule dans le monde, chiffre croissant de manière exponentielle notamment du fait des pays émergents. En France, les gaz à effet de serre dus aux voitures particulières ont augmenté de 17 % entre 1990 et 2004 … Si la place de la voiture particulière doit diminuer, beaucoup d’entre nous se posent la question de son remplacement … Zoom sur les nouvelles formes de mobilité.Lire la suite…

Éclairage public, un gisement d’économie surprenant

L’éclairage public et l’éclairage des bâtiments consomment annuellement dans le monde 2700 TWh. Cela représente 6 fois la consommation totale d’électricité en France sur une année. Dans l’hexagone, un réacteur nucléaire est uniquement dédié à l’éclairage public, qui représente 38 % de la facture d’électricité des communes. La consommation totale d’électricité pour l’éclairage dans le monde produit 5 % des gaz à effet de serre. Le gisement d’économie d’énergie dans ce secteur est à la hauteur de ces chiffres colossaux.Lire la suite…

Photovoltaïque : l’autoconsommation collective

La production photovoltaïque mondiale connaît un bond spectaculaire depuis quelques années :  en 2016, environ 75 GW de capacités nouvelles ont été raccordées dans le monde. C’est cinq fois plus qu’en 2010 et 50 % de plus qu’en 2015. Si la France accuse encore du retard, le rythme d’installations augmente ces dernières années. Généralement ces installations revendent leur électricité. La raison en est simple : les prix de vente sont plus élevés que les prix d’achat de l’électricité. Mais ne serait-il pas plus logique d’auto-consommer l’électricité sur place plutôt que l’envoyer sur le réseau ? Analyse.Lire la suite…