Méthanisation : gaz à tous les étages !

Dans un petit village de la région de Guizhou, au sud-ouest de la Chine, un habitant s’approche d’une cuve enterrée de construction artisanale et y verse ses déchets de cuisine. De cette cuve sort un tuyau branché sur une plaque de gaz de fortune.

Lorsqu’on évoque la méthanisation en France, l’image de structure de type semi-industriel s’impose. Pourtant la méthanisation, utilisée depuis le 10e siècle avant notre ère, peut aussi s’installer à domicile.

De nombreux gisements

La méthanisation consiste à mettre à fermenter des déchets organiques pour produire du gaz. La fermentation est dite « anaérobie », à savoir réalisée sans oxygène. Appelé « biogaz » en sortie de digesteur, le gaz devient « biométhane » après avoir été épuré. Il a alors les mêmes qualités que le gaz naturel et peut être injecté dans le réseau. Pour l’instant, la part du biométhane ne représente que 0,1 % de la consommation de gaz domestique en France. Le chiffre est à relativiser cependant : la plupart des unités produisent du gaz non injecté sur le réseau. Dans la majorité des installations, dites de « cogénération », le gaz sert à la production d’électricité. La chaleur des installations est récupérée et utilisée pour du chauffage collectif. Si l’on connaît bien maintenant la méthanisation des lisiers agricoles, on connaît moins celle issue des décharges et des stations d’épuration. Ces dernière produisent pourtant près de la moitié des quantités de gaz produites.

Exemple d'unité de méthanisation agricole
Unité de méthanisation agricole. A droite, le pré-digesteur (broyage, chauffage), à gauche le digesteur principal. Dans le fond, le post-digesteur qui achèvera la méthanisation et récupérera le gaz restant.


Méthane et insertion

En France, le potentiel autour des déchets ménagers « fermentescibles » est colossal. À titre d’exemple, seul 5 % des déchets alimentaires sont collectés en Île-de-France. Entreprise solidaire d’utilité sociale, la société Moulinot embauche majoritairement des personnes éloignées de l’emploi. 50 employés, dont la moitié de chauffeurs, organisent la récupération de déchets organiques auprès de sociétés, de magasins ou de cantines. La majeure partie des déchets de leurs 750 clients est revendue à des sociétés partenaires pour être traitée en biométhane. Une petite partie est transformée en compost et vendue à des maraîchers.

DIY méthane !

Construction d'une unité de méthanisation artisanale en Chine
Construction d’un méthaniseur artisanal en Chine

Dans le monde, on estime à plus de 30 millions le nombre de méthaniseurs domestiques, principalement en Chine et en Inde. Le principe est le même que pour les méthaniseurs industriels, même si leur fabrication est plus sommaire.

Dans les pays occidentaux, des sociétés proposent des digesteurs pour particuliers. La quantité de déchets fermentescibles produite par un foyer pourrait produire le gaz pour la cuisson mais les chiffres sont contestés.

Micro-unité de méthanisation : l'une gonflable, en forme de tente, l'autre plus rigide, en forme de petite serre.
Deux exemples de digesteurs domestiques, produits par la société Homebiogas. Les tarifs tournent autour de 500 € l’unité.

Le résultat de la méthanisation, appelé « digestat » est utilisable comme fertilisant pour les sols. Il se substitut aux intrants chimiques utilisés en agriculture. Remplacement du gaz naturel source de gaz à effet de serre, amendement des terres agricoles, valorisation de déchets, la méthanisation permet de réduire notre empreinte écologique. De petites unités permettant de recycler les déchets organiques localement et sans transport, constituent également une piste prometteuse. Les chiffres de production annoncés par ces micro-unités ainsi que les techniques doivent désormais être validés et la législation évoluer, pour démocratiser ces installations sous nos latitudes.

Transports, bouchons et idées reçues …

Vue d'une rue de Paris avec problème de transports
Embouteillage de charrettes et voitures à Paris, début du XXe s

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