L’île d’Ouessant face au changement climatique

L’île d’Ouessant, remarquable par sa faune spécifique, tel le mouton ou l’abeille éponymes, va être impactée, comme d’autres zones côtières, par le changement climatique et notamment la montée du niveau de la mer. Pour contribuer à la lutte contre ce changement climatique, l’île d’Ouessant vise à moyen terme le 100 % énergies renouvelables.

L’île d’Ouessant face au changement climatique

La montée des eaux d’ici 2100 devrait s’établir entre 1,5 et 3 mètres. Même à l’échelle basse, l’île de Sein disparaît de la carte : son altitude moyenne est de 1,5 mètre. Avec une altitude moyenne de 31 mètres, l’île d’Ouessant s’en sort mieux et ne sera pas submergée.

Carte des îles bretonnes. Du haut en bas :  archipel de Molème, île d'Ouessant (face à la pointe St-Mathieu) ; île de Sein (face à la pointe du Raz) ; archipel des Glénan (au sud de la baie de Concarneau)
Des îles occidentales de la Bretagne, ne subsisteraient en 2050 que Ouessant et une petite partie de l’archipel de Molène.

Côté climat, l’île, comme le reste du pays, va connaître un accroissement de température de 2 à 4 degrés d’ici la fin du siècle. Cependant, la fraîcheur de l’océan continuera à jouer son rôle : l’été sera toujours plus frais en Bretagne qu’ailleurs dans les terres ou en bord de méditerranée. En ce qui concerne les tempêtes, à l’échelle planétaire et du fait du réchauffement climatique, les scientifiques prévoient une augmentation des « phénomènes climatiques extrêmes ». Toutefois, ils ne sont pas unanimes pour dire que, sur l’hémisphère nord, et sur la Bretagne en particulier, les tempêtes seront plus fréquentes et plus violentes. Mais, à force égale, les tempêtes auront des conséquences plus graves avec un niveau de la mer plus haut.

Deux photographies illustrant le changement climatique et la montée des eaux sur les îles bretonnes : à gauche, photo aérienne de l'île d'Ouessant, avec ses falaises, à droite, photo du port de l'île de Sein, à fleur d'eau, submergé par les vagues
Les falaises de l’île d’Ouessant (à gauche) la protègent des fortes houles. À droite : le port de l’île de Sein, submergé lors d’une tempête en 2014.

Un plan d’économie d’énergie …

L’île d’Ouessant est depuis toujours indépendante électriquement puisque non-raccordée au continent. Cette autonomie reposait toutefois sur une centrale à fioul, peu vertueuse en terme de gaz à effet de serre. L’approvisionnement en carburant et la maintenance de cette centrale engendrait par ailleurs un coût de fonctionnement élevé du fait de l’isolement de l’île. Face à ce constat, les élus des îles non raccordées au réseau (Ouessant, Molène, Sein, Saint-Nicolas-des-Glénan et Chausey) lancent en 2015 un ambitieux programme de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables. Partant de l’idée que la meilleure énergie c’est celle qu’on ne consomme pas, le plan débute par des mesures d’économie d’énergie : amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments privés et publics, ampoules LED, changement des appareils électroménagers énergivores. Cette première étape a contribué à une baisse de 26 % des rejets de CO2.

… pour un objectif de 100 % énergies renouvelables

L’île a ensuite massivement investi dans les énergies renouvelables : salle polyvalente, atelier technique et salle omnisports reçoivent sur leurs toits des panneaux photovoltaïques. En mer, se déploie l’hydrolienne « Sabella », un première mondiale. À terme, des éoliennes compléteront l’approvisionnement en ENR pour un objectif de 70 % d’énergies renouvelables en 2021-2022 et 100 % à l’horizon 2030 !

Une source d'énergie renouvelable originale permettant la lutte contre le changement climatique sur l'île d'Ouessant : l'hydrolienne Sabella. Image de droite : l'hydrolienne mise à l'eau par un bateau avec une grue.
L’hydrolienne Sabella, sur le port de Brest et lors de son installation dans le courant du Fromveur.

Le modèle énergétique développé sur l’île d’Ouessant constitue un exemple à suivre, riche d’enseignements. Si l’impulsion vient d’une forte volonté politique locale (via un collectif des élus des îles non raccordées au réseau électrique), le programme a été soutenu techniquement via l’ADEME et financièrement par l’État. La démarche s’inspire du scénario « negawatt », qui démontre que le basculement vers une France 100 % énergie renouvelable est possible à condition d’engager un programme volontaire d’économie d’énergie. Sur Ouessant, ces économies ont été réalisées grâce à l’implication de la population locale. Le projet ouessantin souligne la pertinence de sources d’énergies renouvelables diversifiées, adaptées aux conditions locales (ici la présence d’un fort courant marin). Le programme de transition énergétique de l’île d’Ouessant illustre ainsi l’intérêt des sources de production à petite échelle, décentralisées, adaptées aux conditions locales. Il montre qu’entre volonté politique et engagement des habitants, l’objectif d’un approvisionnement totalement issu des énergies renouvelables n’est pas inatteignable, à condition d’engager des mesures de maîtrise de notre consommation. À quand un vaste programme de ce type sur le continent ?

Déplacement à vélo : changeons de braquet

Défendu par quelques écologistes ou passionnés il y a quelques années, le déplacement à vélo occupe désormais une place importante dans le débat public. En ces temps de campagnes municipales, rares sont les listes à ne pas évoquer « un plan vélo », une « politique de mobilité douce« . Si quelques villes françaises se démarquent par leurs efforts, ces « plans vélo » peinent à se concrétiser sur le terrain et les routes restent encore trop souvent inadaptées, voire dangereuses, pour la pratique de la petite reine. Si ces politiques de déplacements à vélo peinent à se déployer, cela tient parfois à des discours creux, sans volonté réelle, mais pas seulement. La méthode est également en cause : construire un réseau vélo nécessite un plan d’ensemble, mais aussi de connaître les aménagements fonctionnels …

Construire un plan de déplacement en vélo …

Une des premières règles pour favoriser la mobilité douce consiste à analyser le secteur à aménager : quels sont les itinéraires vélo existants, quels sont les points noirs ? Durant cette phase de diagnostic, va être établie une hiérarchie des axes utilisés par les cyclistes : axes principaux entre villes et villages, pistes utilisées pour desservir des quartiers, réseau de proximité. Cette phase d’analyse est importante : on n’aménagera pas une desserte de quartier comme un axe pour rejoindre une ville proche. Ces données permettent de concevoir un schéma directeur cohérent.

 Piste cyclable à travers la campagne, champs de chaque côté, haies à l'arrière-plan. Cette voie verte est abîmée : présence d'ornières creusées par la pluie, révélant les gros cailloux présents sous le stabilisé.
Nombre de pistes cyclables sont réalisées en stabilisé … sans être plébiscité par les usagers : dangereux en cas de freinage ou d’évitement, risque d’ornièrage, bruyants, peu roulants ...

Trop souvent encore, les aménagements se font par petites touches, sans vision d’ensemble. Résultat : le cycliste alterne tronçons relativement aménagés et zones inadaptées.

À noter qu’associer les pratiquants du vélo à la conception du schéma directeur et des divers aménagements constituent un gage de réussite.

Des circuits vélos directs pour des déplacements efficaces …

Faire gagner un maximum de temps aux vélos constitue la règle de base pour favoriser ce mode de déplacement au quotidien. Le vélo allant moins vite qu’un engin motorisé, il s’agit de compenser cet inconvénient intrinsèque.

Carte de la presqu'île guérandaise présentant deux voies de circulation entre Saint-Nazaire et Guérande : la piste cyclable vélocéan qui serpente et la voie express, au tracé bien plus direct. La voie cyclable a un parcours quasiment deux fois plus long et nuit à un déplacement à vélo régulier
Une piste cyclable qui ne peut être une voie de déplacement quotidienne : la Vélocéan et ses méandres, comparée à la voie express (en rouge). Un axe vélo plus direct diminuerait le temps de trajet par deux.

Ceci est moins vrai pour les pistes cyclables touristiques : celles-ci peuvent être moins directes d’un point à un autre. Mais dans ce cas elle ne serviront pas aux déplacements quotidiens : combien de pistes de ce type, au demeurant fort jolies, sont considérées par les aménageurs comme voies de déplacement quotidien. Preuve d’un mauvais diagnostic initial … et de concepteurs pratiquant peu le vélo : une voie touristique qui double le temps de trajet en deux roues, aussi bucolique soit-elle, ne deviendra pas une voie pour aller quotidiennement au travail !

Pas de pied à terre !

Éviter au maximum l’arrêt des cyclistes est une autre règle de base pour développer les déplacements vélos. Un trajet ponctué de nombreux arrêts, qui signifient autant d’énergie pour relancer le vélo, rebutera à terme les usagers. Les arrêts nuisent à la qualité du déplacement. Les feux pour vélo, par exemple, doivent ainsi passer au vert à leur approche, soit par détection, soit par réglage sur la vitesse moyenne d’un vélo.

Aménagement pour inciter au déplacement à vélo : cycliste lançant des déchets en roulant dans une poubelle penchée, jeune femme vue de dos arrêtée à un feux et posant son pied sur un repose-pied (évite de descendre de la selle), rond-point à l'architecture contemporaine pour cyclistes
Petits et grands aménagements pour vélos : poubelle penchée pour éviter le pied à terre … repose pied si l’on a pas le choix que d’arrêter le cycliste … et rond point à vélos au-dessus d’une voie rapide !

Faire passer le déplacement à vélo de l’incantation à une véritable alternative à la voiture est possible, comme le montre l’exemple de Copenhague. 49 % des déplacements quotidiens y sont fait en vélo … contre 4 à 5 % en moyenne en France. Atteindre cet objectif nécessite méthode, concertation des usagers et oblige sur certaines zones de croisement à favoriser le vélo à la voiture.

Piste cyclable en campagne, sécurisée, séparée de la route par un parapet en béton. Piste neuve, en bon état, peinture propre au sol, panneaux routiers spécifiques vélo
Un aménagement pertinent : sécurisé car séparé de la route par une bordure béton, revêtement lisse et roulant, signalétique claire …

Peindre des voies cyclables sur des routes à voitures ne sera pas suffisant, pas plus que gravillonner des chemins existants ou d’anciennes voies ferrées. Il faut changer de paradigme et accorder à ce mode de transport la place qu’il mérite en concevant de véritables axes cyclables utilisables pour les déplacements quotidiens. Rendre les villes moins bruyantes, moins polluées, moins émettrices de carbone est possible à condition de rendre la pratique du vélo sécurisé, désirable et accessible à tous. Et d’y consacrer des moyens …

Filière laine : vers un renouveau français ?

Sur l’île d’Ouessant, les moutons auraient été sélectionnés pour leur couleur noire, afin de permettre aux femmes de marin de confectionner leur habit de deuil si leurs maris ne rentraient pas au port … Des légendes évoquant la laine se retrouvent dans quasiment toutes les régions françaises. La Belle au bois dormant s’endort en se piquant au fuseau d’un métier à tisser. Ces contes et légendes montrent l’importance de la laine dans notre société, avant l’arrivée des textiles synthétiques. Des passionnés tentent toutefois de faire revivre la filière laine française …

Petite histoire de la laine …

La filière laine au  XVIIe siècle : une paysanne tisse sur un rouet, enfants à ses côtés, palissade en bois, mur en pierres dans le fond, ustensiles de cuisines posés par terre
L’industrialisation de la laine commence au XIIIe siècle en Flandre, mais la production artisanale perdurera dans nos campagnes jusque dans les années 1950, comme sur ce tableau du XVIIe siècle

Des milliers d’années de sélection des moutons à poils longs ont permis d’obtenir l’animal que l’on connaît actuellement. Rappelons que le mouton est une « création humaine » puisqu’il n’existe pas en tant que tel dans la nature. Le mouflon sauvage, dont serait issu le mouton, possède en effet des poils courts, inutilisables pour faire des tissus. Le premier tissu en laine date de 10 000 ans et a été retrouvé en Judée. Longtemps, la laine a constitué le principal revenu des éleveurs, avant la viande ou le lait. Durant l’antiquité et le moyen-age, elle représentait la principale source de fibre textile, devant le lin, le chanvre ou encore la soie, réservée à une élite.

L’effondrement de la filière laine

Du XIXe siècle aux années 1970, Roubaix fait partie des trois capitales mondiales de la production lainière, avec Bradford en Angleterre et Verviers en Belgique.

La filière laine au  XIXe siècle : carte postale en noir et blanc de la filature Harmel Frère, énorme hangar, machines anciennes à perte de vue, courroies, femmes et bobines de laine au premier plan
Au plus fort de l’activité, en 1896, 185 000 personnes travaillaient dans des filatures de laine en France

La progressive disparition de cette industrie lainière tient à la concurrence, à partir des années 50, des textiles synthétiques. Moins chers, plus légers, ces tissus répondent aux attentes des consommateurs. La filière souffrira également d’investissements insuffisants pour moderniser les usines. La concentration de la fabrication dans des usines géantes, impossibles à rénover et moderniser, est également avancée comme cause du déclin. En 2013, 11 900 personnes travaillent dans le textile dans le nord, contre 171 000 en 1954. La fin de la filière impacte les bergers : de l’élevage des moutons pour la laine, on bascule après les années 50, à une production principalement destinée à la viande et pour une part moins importante, pour le lait. Aujourd’hui, tondre un mouton coûte plus cher que ce que rapporte la laine … lorsqu’elle n’est pas jetée !

Une nouvelle filière laine ?

Pionnière, la coopérative Ardelaine est lancée en 1982. Dans une région désertifiée, l’Ardèche, cette structure a relancé la filière laine dans son ensemble. La structure gère ainsi le cardage, la filature et la confection. Un nouveau débouché s’offre alors aux éleveurs de moutons locaux : avant Ardelaine, la laine était jetée !

Photographie de la filature ardéchoise avant rénovation : vues intérieures, machines en mauvais état, trous dans la toiture, pièces désaffectées
Abandonnée depuis les années 50, la dernière filature ardéchoise a été rachetée par les fondateurs d’Ardelaine en 1975 … 10 ans de travaux ont été nécessaires pour rénover les bâtiments et relancer la transformation de la laine
Brebis de race Raïole : robe blanche, cornes larges et enroulées, tête allongée, se reposant dans la paille
Brebis de race Raïole : la race est adaptée aux conditions difficiles des terres pauvres. Elle peut se nourrir de glands et de châtaignes

Plus récemment, en 2015, les éleveurs de brebis de race Raïole s’organisent pour relancer une filière laine dans les Cévennes. Raïolaine est ainsi créée et permet de valoriser la laine en utilisant les savoirs-faire locaux. Les toisons sont d’abord envoyées en Haute-Loire, dans la dernière entreprise de lavage de laine française. Cette entreprise, Laurent Laine, transforme également une partie de la laine en nappes, couettes ou oreillers. L’entreprise est également associée à une structure d’insertion, l’Atelier de la Bruyère, qui transforme la laine en feutre.

Bien d’autres exemples montrent un renouveau de la laine en France. Dans les Alpes-Maritimes, les éleveurs se sont regroupés pour transformer leur laine en tapis. En région Paca et Rhône-Alpes, l’association Mérilainos transforme les toisons en pelotes de laine distribuée en vente directe par les producteurs. En Ariège, Laines Paysannes, transforment la matière issue d’une quinzaine d’élevages ariégeois pour en faire écharpes, bonnets, sweats, pulls, tapis … Plus localement, la coopérative agricole « Les Toisons Bretonnes » basée à la Chapelle-sur-Erdre près de Nantes, valorise la laine de moutons originaires de Bretagne (races « Landes de Bretagne » et « Belle-Île »). La laine, issue d’une quinzaine d’élevages locaux, est envoyée au lavage en Haute-Loire puis transformée dans la Creuse. La coopérative en assure ensuite la commercialisation.

Le nombre d’emplois créés par ces filières en renaissance ne peut bien sûr soutenir la comparaison avec ce que fut autrefois la filière laine en France et ses centaines de milliers d’emplois. Toutefois, entre préoccupations environnementales et réflexions sociales, ces filières courtes, socialement responsables, trouvent petit à petit un public en attente de produits locaux, écologiques et renouvelables.

Des moutons extraordinaires !

Au même titre que le cochon ou la vache, le mouton fait partie des animaux communs et emblématiques … Des 400 races existantes, l’on connaît surtout le mouton blanc. Pourtant, dans cette formidable diversité, se cachent des moutons extraordinaires et mal connus … mais attention aux faux-amis !

Figurines des animaux de la ferme en plastique : un cochon rose, un mouton blanc à cornes enroulées, une vache noire et blanche
La richesse du vocabulaire liée au mouton (agnelage, bergerie …) prouve sa longue histoire avec l’Homme. Un classique des animaux de la ferme !

Moutons marins !

Sur l’île de North Ronaldsay, en Écosse, des moutons se nourrissent exclusivement d’algues. L’histoire remonte à l’industrie du Varech. Cette algue était utilisée pour fabriquer de la soude, elle-même employée pour le savon ou le verre. L’économie du varech s’effondre dans les années 1830 : l’extraction de la soude se fait en Espagne, pour moins cher, à partir de plantes terrestres. Les milliers d’écossais qui vivaient de cette industrie se retrouvent en situation d’extrême pauvreté. Ils cantonnent alors les moutons sur les plages pour réserver les terres à d’autres usages.

De gauche à droite : vue d'une plage de l'île de North Ronaldsay avec le mur séparant la plage des terres ; vue rapprochée du mur montée en pierres sèches ; des moutons sur un rocher submergé par une vague
Dans les années 1830, les habitants de l’île de North Ronaldsay construisent un mur tout autour de l’île, obligeant les moutons à se nourrir d’algues. Ces moutons, de petite taille, ressemblent beaucoup aux moutons d’Ouessant

Le système digestif des moutons va alors s’adapter à ce régime forcé. Ce sont les seuls de leur espèce à être capables de se nourrir d’algues.

Des moutons extraordinaires … et chers !

Des moutons extraordinaires : agneaux de race Nez noir du Vallais, tête noire (on ne voit pas leurs yeux), poils longs et blancs, façon tresses sur le haut de la tête, pattes noirs avec collier blanc avant les onglons.
Forcement, avec une bouille comme celle-là, pas étonnant que ce mouton fasse un carton !

Surprenant par sa physionomie, le mouton Nez noir du Vallais connaît un fort engouement …

Ce mouton, originaire de suisse est de bonne constitution : les mâles font jusqu’à 125 kg ! Leur laine est abondante et ils doivent être tondus deux fois par an. Sachez que pour en acquérir un, il vous en coûtera au alentour de 3000 € ! Sachant qu’on ne laisse jamais un mouton seul puisqu’il s’ennuie, cela fait cher le couple !

Un mouton Nez noir du Vallais et un mouton d'Ouessant en train de courir : le premier fait deux fois la taille du second !
En plus d’un portefeuille garni, il faudra un peu de place : c’est plus gros qu’un mouton d’Ouessant !

Des cornus !

Deux races sont particulièrement surprenantes de part leurs cornes : la première du fait de leur longueur. Chez les moutons de race racka, les mâles comme les femelles possèdent de magnifiques cornes torsadées. Elles peuvent atteindre jusqu’à un mètre de long. Un temps menacé de disparition, il est considéré comme un trésor national en Hongrie, son pays d’origine.

Un mouton racka : cornes partant chacune à 45° de chaque côté du haut du crâne, corne droite et spiralée (comme celle d'une licorne), longue toison blanche pendant jusqu'au sol
Autre caractéristique du Racka, outre ses cornes impressionnantes : sa laine, qui pousse jusqu’au sol

Le loaghtan fait partie des races moutons extraordinaires possédant deux paires de cornes. Originaire de l’île de Man, il a failli disparaître : dans les années 50, il n’en restait que 43 spécimens ! Il est désormais sauvé, prisé notamment des collectionneurs pour sa spécificité.

Mouton loaghtan : une paire de cornes sur le sommet du crâne, légèrement courbes, partant vers le haut, une autre paire de cornes enroulées vers le bas. Toison brune et duveteuse
Autrefois, on trouvait des loaghtan blanc, gris, noir … il n’existe plus qu’en brun, du fait d’une sélection pour la laine

Attention au faux-semblants !

Cochon laineux appelé aussi cochon Mangalitza, vu de profil, pattes sombres, toison laineuse bouclée blanche. Cochon utilisé en écopâturage !
En Suisse, le cochon laineux est fréquemment adopté comme animal de compagnie … ça vous tente ?

De loin, on pourrait croire à un mouton … le cochon Mangalitza possède en effet une belle toison laineuse mais c’est bien un spécimen de race porcine ! Sa laine l’aide à supporter de très basses températures. Originaire des pays de l’est, il est utilisé pour sa viande mais également pour l’écopâturage en entretien d’espaces verts !

De droite à gauche : un alpaga (toison laineuse très dense, blanche), un yack (poils soyeux, noirs et tombants) , groupe de chameaux, duveteux, bruns
Pour conclure (et pour accompagner le cochon laineux !), quelques animaux dont la laine a depuis longtemps été utilisée par l’homme : l’alpaga, le yack ou le chameau ont été employés pour confectionner toutes sortes de textiles

Espaces verts et écopâturage : bilan écologique

L’entretien mécanisé des espaces verts présente un impact environnemental supérieur à l’écopâturage. On pense bien évidemment à la pollution émise par l’utilisation des machines, mais l’entretien motorisé engendre d’autres nuisances écologiques, moins visibles. De la fabrication des machines aux impacts sur la biodiversité lors de la tonte, du transport des déchets verts aux nuisances sonores, la gestion des espaces verts … n’est pas toujours verte ! Petit tour d’horizon comparatif des deux méthodes.

Tondeuse thermique : un bilan environnemental non négligeable

En moins de 50 ans, la gestion des espaces verts s’est extrêmement mécanisée. On passe du râteau au souffleur, de la faux au débroussailleur, du sécateur au taille-haie thermique ou électrique … Sans remettre en question ces outils et leur bénéfice en terme de qualité de travail, de pénibilité, ceux-ci ont un impact environnemental non négligeable.

Tondeuse vs location de mouton ; espaces verts et écopâturage : photo de tondeuse rouillée et abîmée, couleur jaune
Même hors d’usage, une tondeuse consommera encore de l’énergie : il faudra la recycler

Le matériel thermique consomme du carburant, engendrant des gaz à effet de serre. Une étude américaine montre que les tondeuses et débroussailleuses ont émis 20 millions de tonnes de CO2 en 2011. Plus généralement, la construction et le recyclage de l’ensemble de ces machines représente de l’énergie grise.

Le matériel thermique impacte également la qualité de l’air : une tondeuse 2 temps émet autant de polluants dans l’atmosphère que 40 voitures ! Heureusement, ce type de moteur tend à être remplacé par des moteurs 4 temps, moins polluants. Mais selon une étude canadienne, 3 à 5 % de la pollution de l’air de ce pays serait dû au matériel de jardinage !

Et l’électrique ?

Photo d'une batterie électrique lithium-ion, composée de différentes cellules et câbles pour les relier en série
Les batteries lithium-ion ne sont pas encore recyclées. Les industriels y travaillent pour absorber les quantités importantes de batteries en fin de vie, provenant notamment des voitures électriques

Le matériel électrique possède des qualités indéniables : léger, ergonomique (batteries à dos pour débroussailleuse par exemple), pas de pollution directe, faible impact en terme de gaz à effet de serre lors de l’utilisation, faible bruit par rapport à des outils thermiques. Le bilan est moins bon côté batteries : les mines de lithium impactent fortement l’environnement. Au niveau social, les conditions de travail des mineurs sont également dénoncées.

Une bonne manière de limiter l’impact des machines de tonte … est de moins tondre ! Dans les entreprises, dans les communes, autour des magasins, trop de pelouses sont tondues trop souvent ! Une gestion écologique des espaces verts peut ainsi passer par la mise en place de prairie fleurie ou de zones simplement fauchées une fois l’an, plus riches en biodiversité que les pelouses rases.

Écopâturage : une solution plus écologique pour les espaces verts

Écopâturage et espaces verts, location de moutons : photo couleur sépia, berger avec son chien, moutons en premier plan, bord de Loire
L’écopâturage, une pratique ancienne : un berger fait paître ses moutons en bord de Loire. Carte postale de la fin du XIXe siècle. Bords de routes, fossés, bords de rivières … les animaux ont depuis longtemps contribué à la gestion de la végétation

Lorsqu’on pense aux avantages écologiques de l’écopâturage, l’absence de consommation de carburant vient naturellement à l’esprit. Moins visible, la « fabrication » des moutons ne nécessite pas d’énergie grise et il n’est pas nécessaire de le recycler ! De même, l’écopâturage n’impacte pas la qualité de l’air. En remplacement de gros engins, cette méthode évite le tassement du sol, surtout quand elle utilise des petits animaux, légers, comme le mouton d’Ouessant.

Un particulier vide des déchets d'espaces verts (ici de la pelouse) dans une benne dans une déchetterie
Un geste anodin, qui engendre des gaz à effets de serre : un particulier dépose de la tonte de pelouse en déchetterie

Autre avantage, l’écopâturage ne génère pas de déchets verts. 10 millions de tonnes, issus des espaces verts, sont produites chaque année en France. Les résidus de tonte en font partie, parfois emmenés en déchetterie, générant de nouvelles dépenses de carburant.

L’écopâturage n’est cependant pas neutre en gaz à effet de serre. Les tournées régulières de visites aux animaux engendrent des dépenses de carburant et l’activité digestive des animaux dégage du méthane, gaz contribuant au réchauffement climatique. Toutefois, l’empreinte carbone de l’entretien par machines pèse lourd : transport jusqu’aux sites à entretenir, avec du matériel lourds (camions, remorques), consommation des machines de tonte, énergie grise liée à leur fabrication et leur recyclage, transport des résidus de tonte vers les déchetteries, gestion de ces déchets … De même, des recherches montrent qu’une prairie pâturée stocke plus de carbone qu’une prairie fauchée et que ce stockage de CO2 compense les émissions de méthane des animaux. Autre avantage de l’écopâturage : l’absence totale de bruit ! Enfin, l’écopâturage favorise une faune et une flore plus variées. La tonte ou le fauchage engendrent en effet une importante mortalité d’insectes, en écopâturage, la gestion des prairies se fait de manière douce. Des études montrent également une plus grande hétérogénéité de plantes dans les prairies pâturées que dans les espaces régulièrement tondus.

Au delà des espaces verts : la diversification de l’écopâturage

Vache Highland (poils longs, bruns-crème, museau et contours des yeux noirs) dans une prairie. En arrière-plan : une pêcherie et la Loire. Corsept, département 44
Exemple d’un terrain difficile à entretenir, géré en écopâturage : une digue de la Loire, entre Saint-Brevin et Corsept (Loire-Atlantique, département 44)

Tous les espaces verts ne se prêtent pas à l’écopâturage : terrains de sports, aires de pique-nique etc. ne peuvent pas nécessairement accueillir des animaux ! Cependant, bien des terrains tondus ou fauchés peuvent être entretenus en écopâturage. Mieux encore, des terrains difficiles d’entretien (pentes, zones humides, zone fragiles …) sont plus adaptés à un entretien par pâturage que par machines. Cette solution évite les risques d’accident lors de la tonte en zone pentue, les troubles musculo-squelettique liés à l’emploi de débroussailleuse dans des secteurs difficiles. L’écopâturage permet de mieux gérer les zones fragiles, comme les milieux humides ou les pelouses calcaires, à condition d’être pratiqué de manière extensive.

Écopâturage et espaces verts : photo d'une prairie calcaire, prairie en premier plan avec ombellifères et bouleaux en arrière plan. À droite, photographie d'une orchidée bourdon en gros plan
Le pâturage extensif contribue à la gestion de milieux fragiles, comme les pelouses calcaires : non entretenus, ces milieux vont s’appauvrir en terme de biodiversité et des plantes, telle l’orchidée bourdon, typique de ces milieux, risque de disparaître …

L’écopâturage est également utilisé en agriculture. Entre deux cultures, les agriculteurs sèment des couverts végétaux, appelés aussi cultures intermédiaires. Ces cultures évitent l’érosion du sol et, broyées, elles apportent de la matière organique et « nourrissent » le sol. Pour éviter de les broyer mécaniquement ou de les traiter au désherbant pour les détruire, des agriculteurs les font brouter par des moutons. Plus surprenant, des essais sont aussi menés dans le blé. Les moutons sont placés pour une courte période dans les cultures et vont brouter la feuille. La céréale va alors taller, c’est à dire multiplier les repousses … et donc les épis !

Location de moutons d'Ouessant : un mâle à grandes cornes au centre de la photo, dans des rangées de vignes en pente. Autre photo de mouton Hampshire (beige, nez noir) sous des jeunes pommiers plantés en ligne
A gauche, mouton d’Ouessant dans des vignes, ici en Champagne (des essais ont aussi été menés dans le vignoble du Muscadet, en Loire-Atlantique). À droite, moutons du Verger du pays de Josselin dans le Morbihan

Vu les avantages écologiques de ce mode de gestion, en terme de consommation d’énergie, de silence, de biodiversité, de qualité de l’air, il est sûr que le retour des animaux pour l’entretien d’espaces verts et d’espaces naturels n’en est qu’à ses débuts. Dans l’agriculture, on redécouvre les nombreux avantages de l’association entre cultures et élevage. Socialement, l’écopâturage améliore le cadre de vie : la présence d’animaux modifie positivement l’ambiance, notamment en milieu urbain. Enfin, l’écopâturage contribue de manière ludique à l’éducation à l’environnement : l’ensemble des thèmes présentés dans cet article peuvent faire l’objet d’animations, de discussions pour aborder les questions environnementales !

Le bois : filières inexploitées et projets insolites

Le bois constitue une ressource d’avenir, que ce soit pour la transition énergétique ou pour la construction. Utilisé pour le chauffage, il est neutre en carbone puisque le CO² émis est celui capté par l’arbre durant sa croissance. Mieux encore, utilisé en construction, il stocke du carbone. De nombreuses sources restent à valoriser. De l’utilisation des haies de bords de routes ou des villes à « l’arbre à fourrage » pour les ruminants, en passant par la réutilisation du bois de déconstruction, tour d’horizon de ces ressources méconnues !

Des ressources à valoriser

Vue de plaquettes de bois en gros plan
Plus efficace que le compost, le BRF doit être épandu sur au moins 3 cm d’épaisseur

La forêt n’est pas le seul endroit où l’on trouve du bois … La taille des haies de bords de routes représente en effet une ressource encore trop peu valorisée. Le petit bois de talus, des haies peut être utilisé en BRF. L’interdiction des feux de déchets verts et des pesticides dans les communes ont intensifié l’usage de ce « paillage » au pied des plantations.

Un tracteur avec remorque et un tracteur avec broyeur : ce dernier évacue du broyat de bois dans la remorque
Convoi de fabrication de plaquette bois en bord de route

Les lisières de forêt, les plantations de bords de route, bref, tous les arbres de plus grande section peuvent être quant à eux valorisés en énergie. Par jour et par kilomètre, l’élagage produit 20 tonnes de plaquettes, soit la quantité moyenne nécessaire pour chauffer 4 foyers à l’année.

Construire avec le bois des villes …

Le bois des villes, issu de la taille des arbres ou des haies, est désormais bien valorisé : broyé sur place ou emporté en déchetterie où il est transformé en compost. La ville de Lorient innove depuis plusieurs années en utilisant les arbres de qualité, issus de chantier d’abattage, en bois d’œuvre. Les agents communaux ont été formés aux techniques de construction. Autonomes sur des petits chantiers (abribus, mobilier urbain), ils sont accompagnés par des charpentiers sur des chantiers plus importants.

Deux photos d'une ossature bois traditionnelle (type "colombage) avant remplissage entre les poutres
La crèche  » Salopette et pâte à sel » a été réalisée avec du bois de ville issu de chantier d’abattage : une formidable initiative pour favoriser l’usage de bois en circuit court

Dans le même esprit, un abribus a été réalisé à Vignoc en Ille-et-Vilaine. Le bois, issu d’une haie communale, a été façonné sur place, dans le cadre d’atelier pédagogique.

À gauche : charpentier en train de monter l'ossature d'un abribus sous le regard d'enfants. À droite : l'abribus terminé
À gauche : la construction, sous le regard attentif d’enfants des écoles. Le bâtiment reprend la forme de l’ancienne gare de tramway du XIXe siècle

Valoriser le bois d’œuvre est une pratique économiquement intéressante pour les communes : le tarif du bois de construction s’élève à 1500 €/m³ tandis que les plaquettes se négocient à 150 €/m³.

Des arbres pour les vaches …

Les arbres ont longtemps été utilisés comme fourrage pour les bêtes. Les branches étaient coupées et données, lors des périodes de sécheresse par exemple.

De gauche à droite : arbre têtard taillé, arbre tétard avec branche, prairie fleurie avec deux rangées d'arbres
Les trognes « traditionnelles » (à gauche, après la taille et au centre) servaient à de nombreux usages : chauffage, bois d’œuvre, fagots … À droite, expérimentation à l’INRA : les vaches viendront directement manger les branches, une fois les arbres recépés.
Deux chouettes blotties dans un trou d'un arbre creux
Chouette chevêche dans un arbre ceux

Les trognes, du fait de leur cavité, constituent de véritables refuges écologiques : martres, chouettes, amphibiens, insectes … la liste est longue des habitants de ces arbres particuliers … preuve qu’on peut concilier production et écologie !

Le réemploi

Le bois figure parmi les bons élèves des matériaux recyclés lors de la démolition des bâtiments (à 90 % selon l’ADEME). Toutefois, il est généralement broyé pour alimenter des chaufferies, l’industrie du papier, ou pour fabriquer des panneaux d’agglomérés. Or, réutiliser du bois de construction … dans la construction possède un meilleur bilan environnemental. Sa réutilisation ne nécessite en effet pas de transformation, consommatrice d’énergie … sans parler de voir partir de belles pièces de charpente en chaufferie comme une vulgaire palette !

De gauche à droite : vue extérieure du bâtiment, panneaux colorés, tuiles mécaniques anciennes, bois. Vue intérieure : grande baies vitrées, charpente bois, grande hauteur sous plafond. Vue de la façade extérieure sud, oblique
Preuve que réemploi et qualité architecturale sont compatibles : un bâtiment en bois issu de la déconstruction réalisée par la coopérative Bellastock
© Bellastock – Clément Guillaume 2018

Les haies, les arbres des ville, le bois de construction recyclé, constituent une ressource sous-estimée et sous-employée. Ces gisements méconnus ont toute leur place au côté du bois issu de forêts variées (feuillus, résineux …), gérées durablement et source de biodiversité.

Écologie au cimetière

Depuis le 1er janvier 2017, les communes n’ont plus le droit d’utiliser des produits chimiques. Les cimetières échappent à cette réglementation en bénéficiant d’une dérogation. Pourtant ces espaces peuvent devenir de véritables réservoirs à biodiversité, à condition de changer notre regard sur ces lieux de repos et nos pratiques funéraires. La France compte 40 000 cimetières représentant 20 000 hectares (deux fois la surface de Paris). Vue la superficie concernée, l’écologie au cimetière est donc loin d’être anecdotique …

Cimetières minéraux, cimetières paysagers

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Enluminure présentant un cimetière « paysager » au Moyen-âge. Missel à l’usage du Mans, XVe siècle

Les cimetières français n’ont pas toujours été des espaces désherbés et gravillonnés. Les recherches historiques montrent que depuis le Moyen-âges et jusqu’au XVIIIe siècle, plantes et arbres sont largement présents au cimetière. « L’if, et le buis lugubre, et le lierre stérile, et la ronce à l’entour, croissent de toutes parts » écrit le poète Fontanes en 1795. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que le cimetière minéral et ses alignements de tombes de marbre va s’imposer.

Ailleurs dans le monde, les cimetières peuvent être très végétalisés. La présence, ou non, de plantes ne dépend pas des religions ou des rites funéraires : on trouve aussi bien des cimetières chrétiens paysagers (au États-Unis ou au Canada par exemple) que des cimetières chrétiens plus minéraux, comme en Europe de l’Ouest.

Écologie au cimetière à travers le monde : cimetière parc au Canada (tombes sous des arbres), cimetières envahies de fleurs et de plantes en Roumanie et à la Réunion
Arbres et plantes dans des cimetières à travers le monde : de gauche à droite, au Canada, à la Réunion, en Roumanie

La végétalisation des cimetières

Si la loi autorise encore les produits chimiques dans les cimetières, le basculement des communes vers le zéro pesticide a indéniablement changé la manière de traiter les cimetières. Allées laissées en herbe, végétalisation entre les tombes, plantations d’arbres, le cimetière minéral a vécu.

Écologie au cimetière en France : vues d'un même cimetière sans aucune herbe, sable au sol, puis le même cimetière avec arbres et prairie fleurie plantés dans l'allée
Cimetière de Durtal (Maine-et-Loire) ou comment passer d’un espace stérile à une lieu riche de biodiversité

Végétaliser ces espaces augmente significativement le nombre d’espèces animales présentes. En 2017, au cimetière de Loyasse à Lyon, la LPO a recensé 4 espèces de mammifères, 3 de reptiles et 31 d’oiseaux.

Hérisson se promenant entre les tombes d'un cimetière
Un hérisson entre des tombes : très efficace contre les limaces qui abîment les pierres tombales

Depuis, un plan d’action biodiversité a été mis en place : petites mares, nichoirs, fauche tardive ont fait exploser le nombre d’espèces présentes. Libellules, lérots, écureuils roux, fouines, mulots sylvestres, chauves-souris et de nombreuses espèces d’oiseaux ont recolonisé le cimetière !

Écologie … et économie au cimetière

A Niort, dans les Deux-Sèvre, la ville a décidé de placer l’écologie au cœur de son projet de cimetière. Ici, pas de tombe de granit importé de Chine, pas de caveau mais une inhumation en pleine-terre. La charte précise que les linceuls et les habits du défunt doivent être en matière naturelle. Le cercueil est soit en bois non traité, soit en matière recyclée, les vernis garantis sans solvant afin d’éviter toute contamination des sols.

Vue aérienne du cimetière écologique : tombes simplement entourées de planches de bois, plantées de végétaux, pelouse et arbres
Obsèques et concessions « en pleine terre » coûtent entre 1500 € et 2500 € contre 5000 € ou plus dans un cimetière classique

L’absence de granit, de pierre tombale, souvent en provenance de Chine, améliore également le bilan environnemental : autant de transport et de matière à recycler d’économisés.

Renardeau regardant l'objectif, tombe floue au premier et en arrière plan, lumière rasante
Renardeau entre des tombes dans un cimetière parisien

En passant de lieux minéraux et froids à des espaces riches en végétation, les cimetières ont leur rôle à jouer dans la préservation de l’environnement. La méthode d’inhumation, le choix du cercueil, l’absence de caveau, de pierre tombale réduisent également le bilan environnemental. Reposer dans un endroit vivant, accueillant pour les insectes, les oiseaux, les petits mammifères, n’est-ce pas une manière de prolonger la vie après sa mort ?

Chevaux de race Pottocks, en écopâturage dans un cimetière à Agen : une autre manière écologique de gérer les lieux de mémoire !

Économie collaborative : une histoire ancienne

Depuis une vingtaine d’années, l’économie collaborative se développe dans de nombreux secteurs, au travail comme dans la vie quotidienne. Présenté comme nouveau, ce modèle se rapproche des mouvements des coopératives à l’œuvre depuis … le XIXe siècle ! Transports, informatique, énergie, logement, travail, tous les secteurs semblent désormais concernés par une mise en commun … Tour d’horizon !

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Terres agricoles et épargne citoyenne

L’artificialisation des terres agricoles et le rachat de terres pour l’agrandissement des fermes existantes compliquent l’installation de nouveaux agriculteurs. Pourtant, citoyens, associations, municipalités se mobilisent pour installer des paysans. Tour d’horizon de ces initiatives solidaires pour faire vivre une agriculture saine et locale !

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Jardins partagés et partage de jardin !

Le jardinage a le vent en poupe : depuis une dizaine d’années, le nombre de jardins potagers a considérablement augmenté et les jardins partagés fleurissent un peu partout. Pour ceux qui ne possèdent pas de terrain, de nombreuses solutions existent. Du renouveau des jardins ouvriers jusqu’aux « grainothèques » partagées, petit tour des solutions pour jardiner malin et solidaire !

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