Le retour des animaux en ville

Depuis l’arrêt des pesticides et la mise en place de plans de gestion différenciée, la faune sauvage revient en milieu urbain. Parallèlement à ce retour des animaux sauvages en ville, on constate aussi le retour d’animaux domestiques que l’on s’était plutôt habitué à voir en campagne. Une tendance de fond vers une ville plus animée ?

Petite histoire des animaux en milieu urbain …

Composante de la ville depuis fort longtemps, les animaux n’en ont disparu que récemment, des années cinquante à nos jours. Avant la ville aseptisée que l’on connaît, les animaux étaient visibles partout en ville et ce depuis l’Antiquité. Les archives du Moyen-âge regorgent également de témoignages de la présence d’animaux dans les bourgs : cochons, poules, lapins et bien sûr, chevaux, font partie intégrante des villes médiévales.

Enluminures du Moyen-Âge avec des animaux : à gauche, vue d'une foire, maisons au premier plan, animaux et divers vendeurs sur une place pavée. À droite (du premier plan au dernier) : laboureur avec des bœufs, travailleur dans des vignes,homme qui sème, berger avec son troupeau, ville fortifiée
À gauche : une foire au Moyen-âge. La séparation entre milieu rural et milieu urbain était par ailleurs moins nette que maintenant, notamment du fait de la petite taille des villes (à droite).

De même, pour l’alimentation humaine, les animaux sont emmenés vivants dans les villes pour y être abattus : sans frigo, l’approvisionnement en viande se fait en continu. Pour les mêmes raisons de conservation, les laiteries de ville existeront jusqu’après la seconde guerre mondiale.

Animaux en ville et milieu urbain (de gauche à droite ; cartes postales anciennes) : chèvre devant une boutique à Troyes, chèvres sur un trottoir à Paris, champ avec des vaches au milieu d'immeubles à Paris
Des animaux dans la ville fin XIXe-début XXe. De gauche à droite : troupeau de chèvres dans la ville de Troyes, traite de chèvres sur un trottoir parisien, troupeau de vaches dans Paris

Les chevaux étaient également omniprésents dans les villes, jusqu’à la démocratisation du transport à moteur. Ils transportent les humains, les marchandises, par carrioles, mais aussi en tirant les péniches. Paris comptait ainsi 80 000 chevaux en 1900 !

Ailleurs, de nos jours …

Si dans les villes des pays occidentaux, on ne croise que peu d’animaux de ferme, la réalité est toute différente dans les pays du Sud ou les pays d’Asie. On estime en effet que 10 % des animaux d’élevage dans le monde se trouvent en milieu urbain ou périurbain. Gaborone, capitale du Botswana, compte par exemple 200 000 habitants et … 2,3 millions de poulets vivants !

Agriculture urbaine dans des pays du sud (de gauche à droite) : poule dans la rue, vache sur une route, animaux vivants sur un marché
Les animaux dans des villes de pays du Sud (de gauche à droite) : poulet au milieu d’une rue du Caire, vaches dans une ville nigériane, un marché au Burkina Faso

Ces animaux des villes du sud ou d’Asie favorisent le recyclage des matières organiques et fournissent nourriture familiale ou revenus complémentaires. Ils raccourcissent aussi les délais d’approvisionnement et les contraintes de conservation.

Animaux des fermes, à l’assaut des villes !

Depuis plusieurs années, on constate une forte attente de la population urbaine à vivre dans des villes plus vertes, parsemées d’espaces naturels. Cette appétence pour une connexion à la nature se traduit aussi par le développement de l’agriculture urbaine ou de fermes pédagogiques.

Photo de gauche : ferme pédagogique, fillette (enfant) assise dans l'herbe et tendant sa main à une chèvre, chevreau allongé. À droite : deux enfants remplissent des godets de terreau dans une jardinière en hauteur, dans une cour d'école (jardin pédagogique)
Fermes et jardins pédagogiques entretiennent un lien avec la nature et c’est bon pour les enfants : les études montrent que ce lien contribue à leur bien-être physique et mental

À propos de l’agriculture urbaine, il est étonnant de constater que, quand on parle de cette tendance, ce n’est que pour évoquer des cultures de fruits ou de légumes … or l’agriculture, c’est aussi des fermes d’élevage !

Moutons de race Lande de Bretagne  en écopâturage dans un pré, entouré de maison, à Savenay dans le département de Loire-Atlantique (département 44)
Un élevage en ville : entretien écologique d’une zone urbaine enclavée, difficile d’entretien (Savenay, département 44 – Loire-Atlantique)

Les fermes urbaines avec des animaux permettent de réapprendre ce qu’est l’élevage, de comprendre les comportements propres à chaque espèce. L’agriculture urbaine d’élevage permet aussi de valoriser certaines zones enclavées et de les préserver de l’urbanisation.

écopâturage en Loire-Atlantique : à Savenay dans un EHPAD, à Guérande dans une clinique psychiatrique, dans un ESAT, ITEP, IME sur Saint-Nazaire, dans une zone industrielle sur Saint-Nazaire
L’écopâturage permet également de remettre des animaux en milieu urbain, de gauche à droite : dans un EHPAD, dans une clinique psychiatrique, dans un IME et sur un bassin d’orage dans une zone industrielle

Ânes et chevaux reviennent également dans les villes : des collectivités optent pour des bus ou le ramassage des poubelles hippomobiles. La police dispose aussi d’agents à chevaux … Ce type d’initiatives, pourtant plébiscitées par les habitants et usagers, demeurent cependant encore marginales.

Poulailler mobile en bois d'environ 2 m², sur roues, transportable comme une brouette grâce à deux poignées. Le poulailler se compose d'une partie "maison" et d'une partie "extérieure" en grillage.
Un poulailler mobile permettra aux poules d’avoir de l’herbe fraîche en permanence … et de réduire les séances de tondeuse !

Autre réapparition en milieu urbain : les poules ! Parfois distribuées par les mairies, elles contribuent à réduire les déchets organiques et à diminuer les coûts de collecte des déchets. Les déchets organiques représentent en effet 40 à 60 % du poids d’une poubelle domestique ! Enfin, pour aller plus loin dans l’accueil d’animaux en milieu urbain, on peut aménager son jardin pour accueillir toutes sortes d’animaux sauvages : tritons, oiseaux, hérissons et nombre d’insectes …

Déplacement à vélo : changeons de braquet

Défendu par quelques écologistes ou passionnés il y a quelques années, le déplacement à vélo occupe désormais une place importante dans le débat public. En ces temps de campagnes municipales, rares sont les listes à ne pas évoquer « un plan vélo », une « politique de mobilité douce« . Si quelques villes françaises se démarquent par leurs efforts, ces « plans vélo » peinent à se concrétiser sur le terrain et les routes restent encore trop souvent inadaptées, voire dangereuses, pour la pratique de la petite reine. Si ces politiques de déplacements à vélo peinent à se déployer, cela tient parfois à des discours creux, sans volonté réelle, mais pas seulement. La méthode est également en cause : construire un réseau vélo nécessite un plan d’ensemble, mais aussi de connaître les aménagements fonctionnels …

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Le bois : filières inexploitées et projets insolites

Le bois constitue une ressource d’avenir, que ce soit pour la transition énergétique ou pour la construction. Utilisé pour le chauffage, il est neutre en carbone puisque le CO² émis est celui capté par l’arbre durant sa croissance. Mieux encore, utilisé en construction, il stocke du carbone. De nombreuses sources restent à valoriser. De l’utilisation des haies de bords de routes ou des villes à « l’arbre à fourrage » pour les ruminants, en passant par la réutilisation du bois de déconstruction, tour d’horizon de ces ressources méconnues !

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Écologie au cimetière

Depuis le 1er janvier 2017, les communes n’ont plus le droit d’utiliser des produits chimiques. Les cimetières échappent à cette réglementation en bénéficiant d’une dérogation. Pourtant ces espaces peuvent devenir de véritables réservoirs à biodiversité, à condition de changer notre regard sur ces lieux de repos et nos pratiques funéraires. La France compte 40 000 cimetières représentant 20 000 hectares (deux fois la surface de Paris). Vue la superficie concernée, l’écologie au cimetière est donc loin d’être anecdotique …

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Jardins partagés et partage de jardin !

Le jardinage a le vent en poupe : depuis une dizaine d’années, le nombre de jardins potagers a considérablement augmenté et les jardins partagés fleurissent un peu partout. Pour ceux qui ne possèdent pas de terrain, de nombreuses solutions existent. Du renouveau des jardins ouvriers jusqu’aux « grainothèques » partagées, petit tour des solutions pour jardiner malin et solidaire !

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Habitat participatif à Guérande

En 2013, l’association guérandaise An Ti Nevez démarre un travail sur l’habitat en Presqu’île. Partant du constat que certaines familles peinent à se loger, du fait du prix des terrains et de la spéculation immobilière, l’association lance des conférences, des forums pour imaginer d’autres manières d’habiter. L’idée d’un habitat participatif émerge progressivement, idée confortée par la mairie qui réserve un terrain pour ce projet, sur le futur écoquartier de la Maison Neuve.

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Agriculture urbaine, l’exemple de Détroit

Fleuron de l’industrie automobile américaine au début du XXe siècle, Détroit décline à partir des années 50. La ville perd plus de la moitié de sa population entre 1960 et 2010. Détroit comptait 1,8 millions d’habitants en 1960 et moins de 700 000 en 2016. Chômage et pauvreté explosent durant ces décennies. Face à cette crise les habitants multiplient les expérimentations d’agriculture urbaine.

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Éco-pâturage : chiffres clefs

Vue d'un enclos circulaire en pierres, montées à sec, avec couronnement en pierres posées verticalement. Rarement utilisé en éco-pâturage !
Enclos monté en « pierres sèches » : il s’agit d’un des plus vieux type d’enclos pour animaux

Des huttes en bois, des outils en pierre, la poterie n’a pas encore été inventée et déjà des enclos avec des moutons … Au Moyen-Orient, 10 000 ans avant notre ère, les hommes préhistoriques, sédentaires depuis peu, domestiquent pour la première fois des animaux et commencent par le mouton. L’éco-pâturage s’inscrit dans cette histoire pluri-millénaire où paysages et animaux sont intimement liés.

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Transports, bouchons et idées reçues …

Vue d'une rue de Paris avec problème de transports
Embouteillage de charrettes et voitures à Paris, début du XXe s

Au XVIIe siècle déjà, le poète Boileau dénonçait les conditions de circulation à Paris, preuve que les difficultés de transports datent quelque peu … Les bouchons sont source de nuisances considérables. Stress et temps perdu pour les usagers, impact sur la qualité de l’air, importantes quantités d’énergie perdues …

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Les poules gèrent les poubelles …

Les déchets de cuisine pouvant être compostés représentent 30 % du volume de nos poubelles … mais 40 à 60 % de leur poids : les épluchures contiennent de l’eau et c’est lourd ! Autant de matières à transporter, à gérer, qui généreront des pollutions tout au long de la filière : carburant pour le transport, infrastructures de gestion (centre d’incinération ou centre d’enfouissement …). Et qui coûte cher aux collectivités locales, c’est à dire à nous ! Rappelons qu’entre un tri efficace et un compost, la poubelle domestique peut être diminuée de 80 % ! Mais le compostage n’est pas l’unique solution à la gestion des produits fermentescibles : les poules ont aussi leur rôle à jouer !Lire la suite…